Monde Les quotas sont-ils efficaces dans les parlements africains?

La parité au Parlement, un écran de fumée ?

C’est ce que pense une élue camerounaise.

Tilder Kumichi Ndichia avait confiance dans le système politique camerounais et dans sa capacité personnelle à y apporter sa pierre. Mais après avoir rempli son premier mandat comme suppléante au Parlement camerounais, elle a pris conscience qu’elle n’avait cessé d’approcher du pouvoir sans jamais pouvoir agir.

Le Cameroun, comme de nombreuses démocraties, a mis en place des quotas pour faciliter l’accession des femmes au pouvoir. Chaque parti s’engage à faire figurer aux alentours de 25 à 30 % de femmes dans ses listes. Mais la plupart des femmes sont en position de suppléantes et ne peuvent siéger qu’avec une note du député en titre signifiant son absence !

Tilder Ndichia fait remarquer que les quotas volontaires ne sont donc pas suffisants puisqu’ils ne permettent pas aux femmes d’accéder aux postes de décision, et que cela ressemble fort à un lot de consolation…

Le Cameroun a pourtant célébré cette année le 8 mars, Journée des Femmes, à grand renfort de festivités. Mais dans cette société patriarcale où le pouvoir de la femme n’est guère reconnu, il n’y a que vingt femmes députées dans un Parlement de cent quatre-vingts membres.

Dans toutes ses déclarations, Tilder Ndichia insiste sur le fait que les campagnes électorales coûtent cher aux candidats et aux suppléant(e)s et que les difficultés financières s’ajoutent rapidement à la frustration. De plus, les femmes qui se voient confier des postes ministériels exercent dans les secteurs traditionnellement réservés aux femmes ― la culture, les affaires sociales et l’éducation – où aucune décision politique n’est jamais prise.

Malgré la déception qu’elle exprime, elle n’envisage pas de renoncer, ce qui ne ferait que confirmer que les femmes ne sont pas faites pour le pouvoir…

Danielle Michel-Chich ÉGALITÉ

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