Santé Pouvoir choisir vraiment sa contraception

Le Planning Familial a lancé au mois de mai dernier une campagne pour le remboursement de tous les moyens de contraception. Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial répond à nos questions.

Les contraceptifs ne sont-ils pas remboursés en France ?

« La meilleure contraception est celle que l’on choisit » annonce la campagne du ministère de la Santé, or, dans les faits, ce choix n’existe pas vraiment. Bien qu’une dizaine de méthodes contraceptives soient disponibles en France en 2010, un certain nombre ne sont pas remboursées : certaines pilules, les patchs, les anneaux vaginaux, la cape cervicale, les spermicides, les préservatifs ; quant au diaphragme, il est très peu remboursé.

Il est difficile pour une femme de dire à son médecin : « Non, docteur, je ne prendrai pas ce moyen  de contraception que je souhaite prendre car il n’est pas remboursé ou pas assez », mais elle pourra ensuite arrêter de le prendre à cause de son coût. À cette discrimination sociale s’ajoute celle entre les majeures et les mineures. Pour ces dernières, l’accès confidentiel et gratuit à une contraception reste difficile en raison du manque de Centres de Planification et d’Éducation Familiale, particulièrement en zone rurale. Comment ,dans ces conditions, les femmes peuvent-elles exercer pleinement leur droit à la contraception ?

En France, la pilule est le moyen de contraception le plus utilisé.

Oui, c’est une réelle norme contraceptive : la pilule occupe une place prédominante alors qu’il existe d’autres méthodes. Il est donc nécessaire de faire connaître les différents moyens contraceptifs et d’agir pour que toutes les femmes puissent choisir réellement leur contraception et avoir les moyens d’exercer leur choix.

Vous demandez d’écrire au ministère de la Santé pour réclamer le remboursement.

Nous invitons les médecins, les sages-femmes ainsi que les utilisatrices à envoyer des cartes-réponse à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot,  et au Planning familial. La loi Neuwirth de 1967 prévoit des subventions pour l’aide au fonctionnement des établissements d’information, de consultation et de conseil familial. Or, malgré les engagements du gouvernement en 2009, nos délégations départementales ont non seulement du mal à trouver des financements pour les actions qui nous ont été confiées par la loi, mais également pour répondre à une demande d’information croissante alors qu’il n’existe plus de subventions de fonctionnement… Nous sommes une association loi 1901 et non un service public ! Nous avons donc besoin d’un soutien, y compris financier par des adhésions ou des dons.

Quel bilan faites-vous à mi-parcours de la campagne ?

L’accueil est très positif. Au moment du lancement, les médias ont bien compris l’enjeu autour de la question du remboursement et de l’accès aux différents moyens de contraception. Nous avons déjà reçu de nombreux retours. Les cartes sont disponibles dans toutes nos associations départementales (adresses sur www.planning-familial.org). Alors n’hésitez pas, signez avant la fin décembre 2010 pour le remboursement de toutes les contraceptions !

Propos recueillis par Caroline Flepp ÉGALITÉ