Monde Quelle liberté pour Aung San Suu Kyi ?

Aung San Suu Kyi a été libérée le 13 novembre après avoir passé sept années consécutives en résidence surveillée. Au total, sur les 20 dernières années, elle a été privée de liberté 16 ans. Sa dernière condamnation date de l’été 2009 : 18 mois d’assignation à résidence, suite à l’intrusion d’un citoyen américain dans sa maison.

Mais la junte est toujours au pouvoir, après les élections, ni libres, ni pluralistes du 7 novembre dernier. Et le parti de la dame de Rangoon, principal parti d’opposition birman, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), a été dissous, pour avoir refusé de cautionner le processus électoral. C’est ce parti qui avait remporté les élections en 1990 avec plus de 80% des voix. Il reste du chemin à parcourir pour celle qui a reçu le prix Nobel de la paix en 1991.

Samedi après-midi à l’annonce de la libération d’Aung San Suu Kyi, un rassemblement (1) était organisé place de l’Hôtel de ville de Paris devant le portrait de l’opposante birmane.

Bertrand Delanoë, maire de Paris, Fatima Lallem adjointe au maire, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi qu’Alain Chamfort et Jane Birkin étaient présents aux côtés de nombreuses associations.

Bertrand Delanoë a rappelé que l’on comparait parfois Aung San Suu Kyi, ce «beau visage de la liberté» à Nelson Mandela.

Les quelques mots prononcés par Jane Birkin, engagée depuis de longues années auprès du peuple birman, étaient forts et émouvants: « elle va demander la liberté pour les 2200 prisonniers politiques, dont certains sont enfermés depuis 1988. Il faut rester vigilant. Depuis 20 ans il y a des tortures, des gens en prison, il faut que ça cesse, il faut continuer les sanctions ». Jane Birkin a particulièrement insisté sur les sanctions et rappelé que le pays comptait 500 000 réfugiés politiques et qu’1 enfant sur 10 n’arrivait pas à l’âge de 5 ans.

Pour Jean-Marie Fardeau, responsable de Human Rigths Watch- France, la libération d’Aung San Suu Kyi: «est vraiment une grande joie. C’était insupportable de la savoir en résidence surveillée, interdite de tous contacts, y compris avec sa famille et ses deux enfants. Mais il faut rester méfiant, garder une grande vigilance. C’est un coup politique pour la junte, afin de faire passer la pilule des élections dans l’objectif de réduire les sanctions » Juste auparavant, dans son discours officiel, Jean-Marie Fardeau avait rappelé le beau slogan d’Aung San Suu Kyi: « utilisez vos libertés pour promouvoir les nôtres ».

Caroline Flepp EGALITE

1 Rassemblement appelé par Amnesty International France, Info Birmanie, Reporters Sans Frontières, Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), Human Rights Watch, la communauté birmane de France, Collectif France Aung San Suu Kyi, Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Alliance des Femmes pour la Démocratie, Femmes Solidaires, Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (LIFPL)

Plus d’infos sur : www.info-birmanie.org

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