Chroniques La mort du Surmâle ?

Je lis ces jours-ci le livre du journaliste Eric Zemmour, Le premier sexe, paru chez Denoël en 2006. J’apprends avec horreur (et avec retard !) que la France court à sa perte : les mâles se féminisent. Oui monsieur, ils perdent leurs poils, leur virilité, ils deviennent des androgynes, des efféminés, pire, peut-être, des homosexuels !

J’ai l’occasion, en ce 16 octobre 2010, de participer à un salon du livre dans une grande école parisienne, de renommée internationale… Je tente un petit test. Je suis assis à une table, je propose mon livre à l’achat et à la dédicace auprès d’un nombreux public invité par une association de femmes (!). Je me trouve, par hasard, sur le passage des étudiants de l’école (qui ne sont pas concernés par ce Salon du livre). Sans cesse ils passent et repassent devant moi. J’observe la population masculine essentiellement. Effectivement je découvre un panel de spécimens masculins qui va du plus androgyne au plus… pithécanthrope ! Et vice versa. Et je dois dire que cela me réjouit.

Oui, le mâle est mort, mais ce n’est pas un cataclysme. Le mâle de la publicité d’Old Spice sous sa douche, pithécanthrope civilisé, à moins que ce ne soit le Surmâle d’Alfred Jarry, mécanique sexuelle fatiguée et dérisoire.

Le masculin est devenu plastique, je veux dire malléable, apte à décliner un arc-en-ciel de portraits au gré de son éducation (ou du rejet de son…), de ses désirs, de la rencontre avec les autres, avec l’Autre, féminin ou masculin, de ses choix tant bien que mal (que mâle ?) assumés.

Je ne chercherai pas à consoler Eric Zemmour qui se lamente : « L’homme idéal est devenu une vraie femme » ! L’homme idéal n’existe que comme pluriel.

La misogynie, accouplée à l’homophobie, ne sont pas son avenir.

Alain Piot, sociologue