Chroniques « Je suis au rayon Barbie et… c’est compliqué ! »

Entre midi et deux un jour de décembre dans le magasin parisien de JouéClub. Ma fille de 4 ans veut une Barbie pour Noël. Bien que revenant de Hong-Kong pour un reportage sur les conditions de travail dans l’industrie du jouet, je me résigne à faire comme tous les parents : acheter un jouet fabriqué par de petites mains chinoises. Reste à choisir une poupée qui ne dévoie pas trop l’image de la femme.

A côté de moi, un papa, l’air perplexe, est accroché à son portable : « Allô, je suis devant le rayon Barbie et… c’est compliqué. » Je partage son sentiment, même si mes souvenirs de petite fille me rendent l’étalage plus familier.

Dès le départ, j’exclue les Barbie attifées de robe de princesses dégoulinantes de brillants. Exit également celles qui sont déguisées en marmiton dans leur cuisine. Mon compagnon à qui je confiais la veille mon angoisse de la perspective du rayon Barbie, m’avait fait remarquer que ce modèle en cuisine ne serait pas crédible pour l’identification de ma fille à sa mère…

Justement, je tombe sur une Barbie journaliste ! Nommée Winner, elle est équipée d’une caméra et d’un micro. Mais elle se tient derrière un comptoir façon présentatrice de show, vêtue d’une (archi) mini-jupe robe bonbon. Exit, encore. Reste la collection Basics proposant des poupées sans trop de fards, habillées de sobres robes noires. Mais toujours courtes et moulantes à souhait…

Enfin, je tombe sur une Barbie cosmonaute ! Ma fille veut être cosmonaute elle-même, c’est parfait… Sauf que la poupée est à un prix exorbitant. Car il s’agit d’une « collector » datant de… 1967. Plus de trente ans plus tard, impossible de dégotter une Barbie qui renvoie aux petites filles une autre image que celle d’une femme écervelée aux mensurations de rêve.

Découragée et dépitée, je sors du magasin bredouille et appelle le père de ma fille : « Allô, je reviens du rayon Barbie et… c’est compliqué. »

Claire Alet

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