Société Julian Assange et le bouclier machiste

« C’est un complot contre Wikileaks. » « La loi suédoise est beaucoup trop sévère en matière de viol. » Dès le début de ses déboires avec la justice suédoise, des boucliers se sont élevés pour défendre Julian Assange. Accusé de viol et agression sexuelle par deux femmes suédoises, il est depuis le 17 décembre en liberté surveillée en Grande-Bretagne, avec l’obligation de porter un bracelet électronique. Certaines personnalités, dont les cinéastes Michael Moore et Ken Loach avaient proposé de payer une partie de sa caution.
Peut-on transformer le contexte politique (l’affaire Wikileaks) en une preuve d’innocence ou de minimiser ou balayer d’un revers de main les accusations dont Assange est l’objet ?

L’une des deux jeunes femmes (une élue socio-démocrate de Stockholm) qui a déposé plainte est actuellement victime d’une campagne haineuse sur Internet. Sur Facebook et Twitter, elle reçoit tous les jours des messages d’insultes et des menaces de mort : « Prostituée au service de la CIA », « Tu es une honte pour toutes les femmes et tu craches au visage des vraies victimes de viol », « J’espère que tu vas mourir, sale pute », « L’histoire te haïra pour l’éternité ».

Un mandat d’arrêt international a été lancé contre Julian Assange, c’est indéniable et exceptionnel : il est en effet rare que des violeurs présumés fassent l’objet d’une telle attention.
C’est sans doute sous la pression de l’affaire Wikileaks que ce mandat d’arrêt a été délivré contre Assange : il fallait une raison de l’épingler. Mais n’oublions pas que les accusations retenues contre lui en représentent une, que la justice suédoise doit pouvoir faire son travail, et que s’il est jugé coupable de viol, Julian Assange devra répondre de ses actes.

Élise Devieilhe – collaboratrice Suède ÉGALITÉ

image_pdfimage_print