Non classé Espagne : adieu Monsieur gagne-pain

Cet article est un focus de l’article Femmes européennes : la révolution inachevée

« La politique espagnole en matière d’égalité de genre fait partie des plus progressistes en Europe », affirme Brigitte Frotiée, sociologue à l’Institut des sciences sociales du politique (ISP/CNRS). Entre autres, le gouvernement y est paritaire depuis 2004 et la part des femmes au Parlement atteint 36,3 %.

Dès la fin du régime franquiste en 1975, la place des femmes dans la société espagnole a évolué, sous l’influence de mouvements féministes actifs. Dépassant le modèle de « Monsieur Gagne-pain » (*), les femmes mariées sont devenues de plus en plus actives, à tel point que le taux d’activité des Espagnoles a aujourd’hui presque rattrapé celui des Françaises. De manière concomitante, la fécondité a beaucoup reculé.

A partir des années 1990, les pouvoirs publics, inquiets du vieillissement de la population et soumis aux objectifs européens, ont lancé des programmes de financement de structures de garde pour la petite enfance. Aujourd’hui, bien que les solidarités familiales perdurent, de plus en plus de jeunes enfants sont gardés en dehors de la famille. « Coexistent en Espagne un “familialisme social” dans lequel les solidarités de proximité restent très fortes et le développement d’un individualisme-féministe », analyse Brigitte Frotiée.

Claire Alet

En savoir plus : « Espagne. L’accès des femmes aux responsabilités politiques », par Brigitte Frotiée, Grande Europe n° 21, juin 2010, La Documentation française.

(*) Monsieur Gagne-pain (breadwinner) : cette expression désigne un modèle économique et social fondé sur le partage des tâches au sein du couple, entre l’homme qui travaille et la femme qui s’occupe de la vie domestique et de l’éducation des enfants.

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