Santé Les étudiantes ont le moral en berne

Entre 55 et 56% de jeunes femmes ont répondu aux questionnaires de l’Usem, de la LMDE et de la Smerep, les mutuelles auxquelles les étudiants doivent obligatoirement souscrire en début d’année scolaire. Habitat, ressources financières, santé physique, santé mentale, les trois enquêtes ont réalisé un check-up complet des conditions de vie estudiantines.

Face à la grande proportion de répondantes et aux écarts marqués de certains résultats par rapport aux hommes, deux des enquêtes ont genré des données. La troisième enquête nationale sur la santé des étudiants menée par la LMDE et la grande enquête santé réalisée à l’échelle de la région parisienne par la Smerep en disent donc un peu plus sur la santé des étudiantes et leur perception de la société.

43 % des jeunes femmes ressentent une tristesse constante

Même s’ils se jugent en bonne santé physique à 82%, près d’un tiers des étudiant-e-s ont le moral dans les chaussettes selon l’enquête nationale de la LMDE. Le sentiment de tristesse constante touche les jeunes femmes à 43% contre 31% des hommes.

Les jeunes femmes sont plus déprimées que les hommes, mais pourquoi ? L’enquête n’a pas livré de résultats sur les causes du mal-être estudiantin. Etant donné que le nombre d’étudiants déprimés passe à 44% chez les plus de 26 ans, il est fort à parier que ce sont les incertitudes liées à l’avenir professionnel qui les angoissent.

Autre constat qui n’est sans doute pas sans lien avec le sentiment de déprime étudiant, les femmes interrogées ne croient pas à l’égalité des sexes, en particulier dans le monde du travail. Seulement 19% du panel estime que la parité existe dans le milieu professionnel et près de la moitié des étudiantes n’ont pas le sentiment d’être égales aux hommes dans la société en général.

Plus exposées à la tristesse, mais surtout plus sensibles aux inégalités femmes/hommes, les étudiantes portent un regard mitigé sur la société française et sont conscientes des difficultés qu’elles vont rencontrer au cours de leur vie professionnelle.

Le sentiment de mal-être ne peut découler d’un facteur unique, et la grande enquête santé de la Smerep donne des précisions sur le moral des étudiantes de la région parisienne.

Stress, perte de confiance, mauvaise image de soi

Doute, pression… la grande enquête santé Smerep révèle également que les jeunes femmes sont davantage sujettes aux sentiments négatifs que les hommes. 78% des interrogées se sentent régulièrement stressées contre 68% tous sexes confondus, et 53% ont perdu toute confiance en elles pendant une période de plus de 15 jours. Pour lutter contre le sentiment de déprime, 70% des étudiantes ont discuté avec un-e proche, 8% sont allées consulter un praticien.

En ce qui concerne l’hygiène de vie, les jeunes femmes prennent moins soin d’elles que les hommes. Elles sont 79% à se coucher tard pour étudier les soirs de semaine et elles suivent moins les recommandations nutritionnelles pour rester en bonne santé. Concernant l’alimentation, 77% des interrogées se sentent mal dans leur corps parce qu’elles estiment avoir un problème de poids quand 16% en ont effectivement un selon leur IMC (*). Les étudiantes auraient-elles une vision erronée de leur corps ? Il semble que oui.

La LMDE estime que les nombreuses sources de sentiments négatifs et la déprime étudiante ne sont pas assez prises au sérieux. Au point d’occuper 2 des 10 propositions de l’organisme aux pouvoirs publics. Selon le communiqué de presse de Gabriel Szeftel, président de la LMDE au moment de la publication des résultats de l’enquête : « Longtemps, la période des études a été perçue par la société comme une véritable « parenthèse enchantée », sorte de sas d’insouciance dorée entre l’adolescence et l’entrée dans la vie active. Aujourd’hui, la réalité des conditions de vie étudiante remettent très largement en cause ce postulat. » Ce constat s’applique particulièrement bien aux étudiantes.

Louise Gamichon – EGALITE

(*) Indice de masse corporelle