Monde Iran : quand droits des femmes riment avec répression

Article mis à jour le 3 août 2011, suite à des informations concernant la libération de personnes citées.

Après le coup d’Etat électoral de juin 2009, beaucoup de militant-e-s pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ont été soit obligé-e-s de quitter le pays, soit arrêté-e-s, soit emprisonné-e-s, soit placé-e-s sous haute surveillance.

Pourtant, pendant la campagne présidentielle, en Iran l’égalité des droits a joué un rôle important. Un des slogans des militant-e-s des droits des femmes était : « Je vote pour les revendications des femmes ». Rakhshan Banietemad, une cinéaste iranienne célèbre pour son regard féministe, a réalisé un documentaire qui évoquait les revendications des différentes tendances du mouvement féministe iranien et interpellait les quatre candidats à la présidentielle. Ce film intitulé  Nous sommes la moitié de la population d’Iran, circulait sur youtube et en DVD car toute projection publique était interdite par le gouvernement de l’époque.

Une nouvelle vague d’arrestations dans le milieu artistique

Le régime islamique a récemment lancé une nouvelle vague d’arrestations et de répressions contre les artistes engagé-e-s comme la cinéaste Mahnaz Mohamadi et la photographe Maryam Majd, toutes les deux productrices d’images de femmes.

Mahnaz Mohamadi, réalisatrice de plusieurs films, dont un documentaire sur la lapidation a également été arrêtée, dans la nuit, chez elle en juin dernier. Elle était une des assistantes de Rakhshan Banietemad sur le film  Nous sommes la moitié de la population d’Iran. [Mahnaz Mohamadi, emprisonnée depuis le 26 juin, a été libérée sous caution le 27 juillet.]

Maryam Majd était attendue en Allemagne pendant la coupe du monde de football féminin. Elle a été arrêtée à l’aéroport. C’est seulement quelques jours plus tard que l’on a appris ce qui lui était arrivé. Depuis elle a obtenu une courte autorisation de sortie.

Pegah Ahangarani, une jeune cinéaste et actrice est arrêtée depuis le 13 juillet. Elle était sur le point d’écrire sur le mondial de football féminin pour le site d’informations Deutsche Welle. [Pegah Ahangarani a aussi été libérée le 27 juillet]

Tous les secteurs subissent des arrestations

Mais la répression touche également d’autres secteurs. Nasrine Sotoudeh, avocate des droits humains, des droits des femmes et des enfants a été condamnée à 11 ans de prison, 20 ans d’interdiction d’exercice de son métier et de quitter le pays. La semaine dernière, ses enfants âgés de 12 et 15 ans ont été empêchés de lui rendre visite.

Masoumeh Dehghan l’épouse de M. Soltani, avocat de plusieurs prisonniers politiques a été arrêtée il y a quelques jours.

Après 18 mois de détention, Bahareh Hedayat et Mahdieh Golrou, deux autres militantes du mouvement étudiant iranien, condamnées à 9 ans de prison, ont été libérées le 16 juillet pour une permission de 4 jours. Elle aussi ont très peu de droit de visite de leurs familles. Bahareh Hedayat a de graves problèmes de santé. Elle est en attente de soins.

Au mois de juin dernier, Haleh Sahabi une militante féministe à été assassinée lors de l’enterrement de son père, tous les deux étaient prisonniers politiques.

La répression dans tous les domaines pèse sur la vie des femmes en Iran. De nouvelles restrictions concernant les codes vestimentaires obligatoires sont annoncées.

Pour signer les pétitions pour la libération de Maryam Majd et de Mahnaz Mohammadi (également sur ce site)

Soudeh Rad — EGALITE

Photo : Mahnaz Mohamadi.

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