Politique DSK sur TF1 : « Pas un acte délictuel, une faute morale »

A 18h30, dimanche 18 septembre, une centaine de personnes se sont rassemblées devant les studios de TF1 à l’appel de plusieurs associations féministes, dont la Barbe, la Marche mondiale des femmes Paris/Ile-de-France et le Collectif national pour les droits des femmes (CNDF).
Dominique Strauss-Kahn, s’est exprimé ensuite pendant 24 minutes devant les caméras du journal télévisé de la chaîne. Il répondait aux questions de Claire Chazal concernant son procès au pénal à New York, le procès civil en cours, la plainte déposée par Tristane Banon et son retour en politique.

Finalement, qu’a-t-on appris ? « Ce qui s’est passé ne comprend ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictuel. C’est le procureur qui le dit, ce n’est pas moi. Ce qui s’est passé, c’est une relation non seulement inappropriée mais plus que ça, une faute », a déclaré DSK au 20 heures de TF1, ajoutant un peu plus tard : « Ce n’était pas un rapport tarifé. Est-ce que c’était une faiblesse ? Je crois que c’est plus grave qu’une faiblesse, c’est une faute morale. Et je n’en suis pas fier. »

Mais comment a-t-il fait pour convaincre en si peu de temps Nafissatou Diallo de consentir à une relation sexuelle ? La rencontre dans la chambre du Sofitel a duré de 7 à 9 minutes – acte sexuel compris.
Nous n’en saurons pas plus.

Se considère-t-il blanchi comme l’ont claironné certains membres du PS après l’abandon des charges par le procureur Cyrus Vance ?
« Les charges ont été abandonnées. Qu’est-ce que ça veut dire? Est-ce que ça veut dire : on ne sait pas si celui qui était accusé est coupable ou innocent, ou on a un doute? Non ! Elles ont été abandonnées parce qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre. Vous évoquiez le non-lieu à la française, c’est exactement la même chose. Il n’y a pas lieu de poursuivre parce qu’il ne reste plus d’accusation. S’il était resté la moindre accusation qui tienne, alors il y aurait eu un procès »,
a-t-il dit en montrant le rapport du procureur Vance.

Rapport qu’il a d’ailleurs brandi théâtralement à plusieurs reprises tout au long de l’interview comme gage de sa bonne foi.

Reste le procès au civil aux Etats-Unis, qui pour DSK est une preuve des motivations financières de Nafissatou Diallo : « […] L’existence de cette procédure montre bien les motivations financières qui sont derrière tout ça et que j’évoquais tout à l’heure. Ҫa n’est d’ailleurs pas le seul moment où ces motivations financières apparaissent. […] La procédure civile va se dérouler. Je n’ai pas l’intention de négocier. Elle prendra le temps qu’il faudra. »

A la question de Claire Chazal qui lui demandait s’il croyait à des interventions extérieures comme cela avait été évoqué au début de l’affaire, il a répondu : « Un piège, c’est possible. Un complot, nous verrons. Il y a des zones d’ombres. » Une idée de ses conseillers en communication ?

Mais en France Tristane Banon aussi a porté plainte pour tentative de viol. A sa demande, Dominique Strauss-Kahn a été entendu comme témoin le 12 septembre par la brigade de la répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne.

« J’ai été entendu comme témoin. J’ai dit la vérité. Que dans cette rencontre il n’y avait eu aucun acte d’agression, aucune violence. […] La version [que Tristane Banon a] présentée est une version imaginaire et calomnieuse. J’ai d’ailleurs déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse. Mais c’est une affaire en cours, donc je ne la commenterai pas plus », a-t-il déclaré.

Interrogé par la journaliste de TF1 sur sa crainte de plaintes similaires, il a répondu : « Si vous appelez « d’autres affaires similaires » d’autres affaires tout aussi inventées et montées de toutes pièces, on ne peut jamais savoir. »

Avant d’attaquer le volet de son retour sur la scène politique, l’ex-patron du FMI et ex-présidentiable s’absout, sans présenter d’excuses : « Depuis quatre mois, j’ai vu la douleur que j’ai créée autour de moi et j’ai beaucoup réfléchi : cette légèreté, je l’ai perdue. Pour toujours. » Des mœurs légères, certes, mais selon lui rien de répréhensible.
Insoutenable légèreté de l’être !

EGALITE