Société Marche des salopes, la France rejoint timidement le mouvement

Cheveux rouges et soutien-gorge fort échancré parmi les manifestant-e-s de la Marche des salopes, deux Canadiennes témoignent de l’ampleur des slutwalks dans leur pays, initiateur du mouvement, où des milliers de personnes avaient défilé en avril et mai dernier.

Ce n’était pas le cas samedi à Paris, lors de la première Marche des salopes. Elles n’étaient qu’une centaine à se retrouver sur l’esplanade de la gare Montparnasse, jeunes, vêtues de cuir ou de skaï, de shorts ultra courts ou en soutien-gorge.

L’organisatrice de la marche, Gaëlle Hym, dénonce le sexisme, les violences faites aux femmes et le dénigrement de la parole des femmes violées. Le slogan qui résume le mieux les positions des manifestantes : « Ne dites pas aux femmes comment s’habiller, dites aux prédateurs de ne pas violer ! ».

Karen, une jeune dessinatrice qui parcourt le monde en solo, est vêtue d’une mini-jupe en skaï, fendue sur les côtés. Elle raconte sa lutte quotidienne, aux quatre coins du globe, pour éviter les agressions.

Quelques hommes accompagnent les marcheuses, certains engagés politiquement comme Daniel, la quarantaine, qui salue le « renouveau de la scène féministe » et parle de « réappropriation de la sexualité ». Deux autres hommes qui se tiennent un peu à l’écart sont venus spontanément, attirés par cette cause qu’ils estiment « juste », ils revendiquent « le respect et la liberté pour toutes les femmes ».

La question se pose de savoir comment ce nouveau mouvement sera accueilli par les associations féministes. Alors que la marche reprend des slogans d’autres campagnes, comme « la honte doit changer de camp », des associations Osez le féminisme, Mix Cité et le Collectif féministe contre le viol, et que seule l’association Ni putes ni soumises avait appelé à manifester.

La Marche se joindra-t-elle à celle des aînées le 25 novembre prochain contre les violences faites aux femmes ?

Caroline Flepp – EGALITE

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