Génération lolitas : le reflet d'une hypersexualisation ? Entre les murs, pour parler chiffon

« Ici, les filles ne sont pas des lolitas, loin de là, affirme le CPE du collège Victor-Duruy de Fontenay-sous-Bois (94). En revanche, on a l’impression qu’elles ont déjà 30 ans et qu’elles vont au boulot. Elles n’ont pas de cartables, mais des sacs à main dans lesquels les manuels scolaires ne rentrent pas. Ce style n’est pas pour autant choquant, dévergondé ou provoquant. Mais ce n’est pas celui qu’on pourrait imaginer pour une fille de 13 ou 14 ans. Déjà, en 6e, certaines sont maquillées, même si ça reste un petit nombre d’entre elles. »

Pas de lolitas à proprement parler, donc. L’équipe pédagogique est formelle : chercher des jeunes filles à la sexualité débridée est peine perdue. En revanche, les adultes du collège témoignent tous de tenues parfois osées que portent les adolescent-e-s.

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Comment sanctionner des collégiens en quête d’indépendance qui veulent grandir plus vite ? Voilà une question à laquelle quiconque serait bien en peine de répondre. D’ailleurs, les adultes aussi sont passés par là, à leur façon.

Pour mieux comprendre les goûts vestimentaires des adolescent-e-s, nous nous sommes rendu-e-s dans la cour de récréation pour leur demander de décrire leur look et ceux des autres élèves. Ce sujet ne les met pas plus à l’aise que les adultes.

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Ils ne sont plus vraiment enfants, mais qu’on ne s’y trompe pas, ces collégiens ont des idéaux malgré leur précocité. Dans leurs rires gênés concernant les jupes trop courtes ou les caleçons apparents se cachent des histoires d’amour, des complexes et des désillusions qu’ils imaginent que les adultes ne peuvent pas comprendre parce que les jeunes les voient comme les dinosaures d’une autre époque : celle des téléphones qui avaient un fil, du minitel et des pantalons pattes d’éph’.

L’hypersexualisation est un phénomène 2.0 difficile à saisir qui se présente sous une forme modérée au collège Victor-Duruy. La sexualisation précoce, qu’elle soit effective ou se traduise par le style vestimentaire, est une question parmi d’autres qui se pose à ces jeunes en pleine construction identitaire.

Louise Gamichon – EGALITE

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