Biennale de l'égalité en Bretagne « Notre Biennale de l’égalité s’adresse en priorité à la jeunesse »

Les 9 et 10 décembre, au Palais du grand large à Saint-Malo (35), se tiendra la troisième Biennale de l’égalité femmes et hommes de la région Bretagne.
EGALITE, partenaire de la Biennale, couvrira l’événement.

Jean-Yves Le Drian, président PS du conseil régional de Bretagne, nous parle de la Biennale et des initiatives et engagements de la région en matière d’égalité femmes-hommes.

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Jean-Yves Le Drian

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L’égalité femmes/hommes est une priorité pour la région Bretagne, comment cela se traduit-il ?

Cela a été un de nos engagements forts dès 2004, lorsque nous avons pris la tête de la région. Pour être dans l’action, et non pas seulement dans la simple déclaration de bonnes intentions, nous avons fait le choix d’initier une politique transversale pour faire progresser concrètement l’égalité femmes-hommes dans toutes nos politiques comme au sein de notre administration.

Parce que l’égalité entre les hommes et les femmes ne peut, ne doit pas rester une question de choix individuels on veut aller au delà.On le sait, pour réduire les inégalités et faire progresser les comportements et les mentalités, il faut en passer par des politiques publiques.

Pour vous donner quelques en exemples de ce que nous avons fait, je citerais notamment le questionnaire que nous avons fait circuler en interne sur les violences faites aux femmes. 600 agents pouvaient y répondre, de manière anonyme, et nous avons reçu 160 réponses : 127 femmes et 33 hommes…

Nous nous sommes rendus compte que chez nous aussi, comme dans la moyenne nationale, une femme sur dix est victime de violences conjugales… Nous avons été la seule région à entreprendre une telle démarche car nous avons sorti les violences du simple fait divers. Nous avons libéré un espace de parole.

Nous agissons aussi pour l’égalité professionnelle dans le cadre de la politique de formation et dans le monde du travail par le levier des aides économiques que nous allouons aux entreprises. Nous agissons concrètement dès que nous le pouvons car nous considérons que les inégalités ne doivent pas être une fatalité.

La région Bretagne a opté pour la parité dès 2004, donc avant la loi, quel bilan peut-on tirer aujourd’hui de ces choix politiques ?

Nous avons en effet instauré le principe de parité dans notre exécutif parce que cela nous semblait évident. Nous avons aujourd’hui sept femmes vice-présidentes sur les quinze postes. Nous pouvons encore améliorer leur présence à la présidence de nos commissions où il n’y a actuellement que quatre femmes pour six hommes.

Dans les services, nous avons aussi des progrès à faire mais la situation a néanmoins évolué positivement depuis 2004. Les femmes représentent actuellement 56% des agents régionaux. Entre 2009 et 2010, leur proportion en catégorie A+ est passée de 36% à 43%.

Mais nous savons qu’il nous reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Néanmoins, la promotion de l’égalité femmes-hommes dans nos services est, et restera, une de mes priorités. C’est pour cela que nous avons adopté une charte sur le sujet en 2008 et qu’une labellisation devrait suivre cette année, faisant de la Bretagne la deuxième région de France – après la Picardie – à recevoir le label Egalité.

Le premier bilan que nous pouvons tirer, notamment dans l’assemblée, est que la parité est un facteur essentiel, un moteur, dans les politiques publiques que nous menons. Question de regards, d’expériences, de visions de la vie et de l’action publique… Tout le monde apporte sa pierre à l’édifice. Je suis persuadé que construire l’égalité est une affaire de femmes et d’hommes. Il n’y a que de cette manière, ensemble, que nous arriverons, dans notre institution comme ailleurs, à faire bouger les choses.

Qu’est-ce que la région souhaite mettre en avant à l’occasion de la troisième Biennale de l’égalité ?

Indéniablement la jeunesse. Nous avons inscrit la politique d’égalité des droits au sein de l’ensemble de nos compétences notamment parce que ce sujet traverse toutes les sphères de la vie.

Et la jeunesse n’est pas à l’abri des inégalités. Je pense au rapport à l’autre, à la mixité dans les quartiers mais aussi au sein des classes dans les établissements scolaires. Les comportements sexistes existent toujours, on assiste aussi à un recul des droits liés à la contraception… Ce sont des questions d’actualité qui touchent directement les jeunes. Or, j’ai fait de la jeunesse une des priorités de mon mandat. Et on ne peut en parler, sans parler de l’égalité.

Nous voulons faire avancer les choses, c’est pour cela que nous avons instauré un conseil régional des jeunes totalement paritaire. Et nous venons d’inscrire dans notre dispositif Karta (*), destiné aux lycéens, un cinquième axe d’appel à projets : « Pour l’égalité filles/garçons et la lutte contre les discriminations ». L’idée est de les laisser être acteurs, de faire avec eux et non à leur place. La prise de conscience n’en sera que plus efficace.

Concernant la Biennale, nous avons choisi de donner la parole aux jeunes dans la préparation et l’organisation de l’événement notamment. Un groupe de travail « Jeunesse/Egalité : quelle(s) relation(s) à venir ? » a été mis en place dès septembre 2010. Un partenariat a aussi été organisé avec le rectorat pour permettre aux collégiens, lycéens, apprentis, mais aussi aux membres des organismes de formation de participer aux activités proposées durant la Biennale. Sans oublier un partenariat avec la ville de Saint-Malo qui va permettre également aux tout-petits de participer… L’égalité doit s’apprendre dès le plus jeune âge pour devenir une évidence.

Propos recueillis par Geneviève Roy – EGALITE

(*) Le dispositif régional Karta (charte en breton) Bretagne finance depuis 2005 des projets éducatifs mis en œuvre par des chefs d’établissement en fonction de thématiques prioritaires pour la région.