Les hommes, des féministes comme les autres « La plus grande discrimination est celle qui se cache derrière les habitudes »

François Soulabaille est informaticien, chargé de cours à Paris-5-René Descartes. Il est créateur d’un collectif d’hommes féministes proche de La Barbe et porte-parole d’Europe Ecologie- Les Verts (EELV) des Hauts-de-Seine. Il a répondu aux quatre questions d’EGALITE.

François Soulabaille © Laurence Guenoun

Qu’est-ce qui vous a amené à vous positionner aux côtés des femmes ? Vous dites-vous féministe ?

Je ne me disais pas féministe jusqu’à ce que je vive avec une féministe. C’est elle qui m’a fait prendre conscience de mon engagement féministe au quotidien. Ce qui m’a fait m’engager aux côtés des femmes, c’est ma rencontre, vers l’âge de 14 ans, d’une femme militante d’extrême-gauche et féministe, Eliette Besse.

Ma première formation politique a été faite en grande partie par elle et c’est ainsi que mon engagement a commencé. Au fil du temps j’ai continué à agir dans mon quotidien, dans mon travail pour plus de parité, chez moi pour plus de partage des tâches et des rôles.

Je suis revenu au féminisme politique récemment, au sein de mon parti et en créant en mai dernier un collectif d’hommes féministes proche de La Barbe, qui a pour but d’organiser des actions autour d’un abandon des privilèges masculins.

Quelle action menez-vous actuellement ou allez-vous mener prochainement en faveur d’une plus grande égalité entre les hommes et les femmes ?

Vous êtes en pleine actualité ! Au prochain conseil fédéral d’EELV, je présente avec une femme une motion qui stipule : « Les places impaires des listes présentées par le parti aux élections à scrutin de liste seront systématiquement attribuées à des femmes. »

Autrement dit, toutes les têtes de listes EELV aux élections municipales, européennes et régionales seront des femmes si cette motion est adoptée. La conséquence principale en sera le nombre plus grand d’élues dans les assemblées territoriales, c’est « mathématique » !

Quelle discrimination envers les femmes vous choque le plus ?

Celle du quotidien, celle qui se cache derrière les habitudes. Le sexisme ordinaire. L’animateur qui coupe la parole aux femmes alors qu’il laisse terminer les hommes lors des débats, le garçon qui tend la carte des vins à l’homme au restaurant, les qualités « féminines » présupposées attribuées aux filles – douceur, empathie, coquetterie– et les qualités « viriles » attribuées aux garçons – force, courage, goût du risque…

Y a-t-il une femme qui vous a particulièrement marqué dans votre vie ?

Celle avec qui j’ai une relation depuis plusieurs mois. Elle m’a révélé à moi-même. C’est une militante de La Barbe. Elle ne m’a rien appris de mon engagement féministe, mais elle m’a aidé à l’affirmer publiquement.

EGALITE