Chroniques Le coup de griffe de la panthère : La parité en France, c’est donc du 40/60 !

Ainsi donc, le législateur pourfend l’injustice.

Ainsi donc, l’Assemblée nationale vient de voter, à l’initiative du gouvernement, l’instauration progressive d’ici 2018 d’un quota de 40% de femmes dans la haute fonction publique.

Ainsi donc, les députés reconnaissent que les femmes ne peuvent plus être cantonnées dans les catégories B et C (dont elles constituent 60% des effectifs alors qu’elle représentent moins de 10% des hauts fonctionnaires, trésoriers-payeurs-généraux, préfets, ambassadeurs…)

Ainsi donc, le 8 février 2012, la droite et la gauche ont, comme un seul homme (sic), uni leurs voix pour réparer cette injustice dont l’Etat était coupable.

On ne peut que se réjouir d’une aussi belle détermination politique, même si, à l’approche des élections, nous ne sommes pas dupes de cette séance de rattrapage express !

Et on peut, à la limite, comprendre qu’il faille six années pour opérer une telle révolution dans les esprits et dans la réalité.

Mais un mystère subsiste : pourquoi, dès lors qu’il s’agit des femmes, 100 divisé par 2 donne-t-il 40/60 ? Pourquoi la moitié de 100 se réduit-elle à 40 ? Les mathématiques sont-elles donc genrées ?

Et la lexicologie, genrée elle aussi ?
« Parité : égalité parfaite », dit très officiellement le dictionnaire. Sauf lorsqu’il s’agit d’une notion appliquée aux femmes et aux hommes, devrait-on ajouter.

Et si l’on disait que la parité, ce serait 50/50 ? Fifty-fifty. Moitié-moitié. Pour l’instant, cette barrière-là semble infranchissable. Trop injuste pour ces 10% d’hommes à qui la loi donne encore une faveur.

On admet que les femmes ont bien les capacités, et donc le droit d’accéder à la haute fonction publique. Mais il ne faudrait tout de même pas qu’elle se croient tous les droits ! On veut bien leur faire la courte échelle, mais en les laissant toujours bien une petite marche en-dessous. D’où cette parité à 40%.

Les 10% qui manquent, il faudra les arracher de haute lutte. Comme le reste…

Nous savons quoi faire à partir de 2018 !

Danielle Michel-Chich