Culture Calamity Jane, tendre guerrière

Peu de femmes ont ainsi marqué l’histoire de leur pays. Pendant la conquête de l’Ouest, au milieu des desperados rois de la gâchette, une femme, Calamity Jane, a su frapper les mémoires : alcoolique, bagarreuse, elle s’habilla longtemps en homme et mena avec le général Custer des batailles contre les tribus indiennes avant de devenir, sur le tard, une des stars d’un spectacle itinérant consacré au « Wild West ».

Mais elle eut aussi eu une fille, qu’elle fit élever par des amis. Les lettres qu’elle lui adressa – même si leur authenticité a pu être mise en doute par quelques auteurs – dressent le portrait émouvant d’une femme aux multiples visages et le spectacle qu’en a tiré la compagnie Le Théâtre des roches redonne vie à cette femme en laquelle, malgré le temps écoulé, beaucoup de femmes d’aujourd’hui se reconnaitront.

Seule en scène, les mains dans la farine, l’actrice Sophie Perrimond raconte sa vie quotidienne à sa fille lointaine tout en préparant un gâteau, activité que pratiquait aussi Calamity une fois les armes posées.

A la fois drôle et émouvante, tendre et révoltée, la voix de cette figure légendaire parle d’intimité, de l’amour qu’elle ressentit pour son amant, le tout aussi célèbre Wild Bill Hickock, mais aussi de la tristesse et de la solitude qu’elle connaît trop bien.

En moins d’une heure, l’actrice nous fait comprendre – et aimer – cette femme que le goût de l’indépendance et les fréquentes colères mirent au ban de la bonne société. Une femme, guerrière au cœur tendre, que l’on aurait aimé rencontrer.

Lettres à sa fille, de Martha Jane Canary, alias Calamity Jane, adaptation tirée du livre publié aux éditions Payot Rivages en 2007, traduction de Grégory Monro.

Prochaines représentations : le 17 mars à 16h30 à la médiathèque de Gentilly et le 12 mai à 15h, théâtre Le Manège à la médiathèque du Luxembourg, à Meaux.

Moïra Sauvage – EGALITE