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Les femmes, surtout des mères pour la droite

L’égalité devient un élément du langage mais certain-e-s candidat-e-s en ont une approche encore balbutiante.

Comme le relèvent les membres de l’Observatoire de le parité, dans leur dernière étude, il subsiste des différences entre les partis notamment sur l’implication des hommes dans l’égalité et la création d’un ministère en charge des droits des femmes.

A droite, les politiques d’égalité s’inscrivent dans une grande tradition, celle de la figure maternelle.

Tout sur les mères…

Les femmes ont beau travailler, faire carrière, leur salaire (inférieurs à ceux des hommes) sont toujours perçus comme des salaires d’appoint ; les hommes restant les pourvoyeurs d’argent du foyer. Le revenu parental proposé par Marine Le Pen ressemble étrangement à un revenu maternel et donne une indication sur sa vision du rôle des femmes dans la société : à la maison avec les enfants. La France est connue pour un taux de natalité élevé, mesdames (et messieurs), dans leur programme, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen vous invitent à procréer.

Pour le premier :

« La démographie de la France est un atout qui nous permettra dans une génération seulement de redevenir le premier pays d’Europe. Aussi, je proposerai une politique globale en faveur de la famille, notamment le développement de l’offre de crèches et des tarifs « famille nombreuse ». »

Pour la seconde :

« La France doit se réarmer face à la mondialisation. Une grande politique nataliste sera préférée à une immigration coûteuse et déstabilisante. »

On se souvient encore des débats sur les retraites, qui ont été tranchés par le gouvernement en permettant aux mères de famille de deux enfants et plus de pouvoir prétendre à accéder à la retraite à taux plein à 65 ans au lieu de 67 ans (pour tous les autres).

… et les mères précaires

Ce sont bien encore les mères qui ont les faveurs du président-candidat Sarkozy dans une mesure visant particulièrement les femmes, cheffes de famille monoparentale, proposée en réponse aux questions de l’Observatoire de la parité :

« La première priorité s’agissant des familles monoparentales est de les protéger de la précarité, en sécurisant le versement des pensions alimentaires. On ne peut pas accepter qu’une femme élevant seule ses enfants soit placée en situation de précarité simplement parce que le père a décidé de ne pas payer sa pension alimentaire. J’ai donc proposé la création d’une agence pour le recouvrement des pensions alimentaires, qui pourra intervenir à tout moment, en cas de problème dans le versement d’une pension, avec les mêmes moyens juridiques que ceux du fisc. »

Mais peut-on pour autant limiter la question de la précarité des femmes uniquement à un non-paiement des pensions alimentaires ?

S’il fallait encore s’en convaincre, comme le notent les membres de l’Observatoire de la parité, « les femmes sont d’abord des mères, ensuite des travailleuses et, enfin des citoyennes ».

Et les hommes dans tout ça ?

L’implication des hommes est encore marginale, en cours de réflexion, mais pas vraiment dans les propositions. Alors que resterait-il pour l’égalité ? Le recours aux quotas ? « On n’est pas une espèce à protéger ! », semble s’en amuser Marine Le Pen, au Forum Elle/Sciences Po du 5 avril dernier. Derrière cette formule se cache le scepticisme, pour ne pas dire l’hostilité, pour ces dispositifs jugés dégradants pour les femmes. Certain-e-s candidat-e-s sont encore convaincu-e-s que grâce à leurs talents les femmes peuvent tout réussir.

Reste aux hommes de s’en convaincre. Alors, un ministère dédié aux droits des femmes ? Non ! Seul le centriste François Bayrou propose un ministère en charge de la promotion de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Alors ? L’égalité, la mettrez-vous dans votre bulletin ?

EGALITE

Article à venir :

Le 19 avril : « La gauche pour une société sans stéréotypes »