Tribunes Vers un meilleur accès des femmes aux postes de décision politique ?

Un gouvernement paritaire et un ministère des droits des femmes, deux des engagements de François Hollande pour les droits des femmes ont été tenus. Notre réseau Elles aussi, pluraliste et indépendant, ne peut que s’en réjouir.

Avec ce ministère dédié et un nombre important de femmes à la tête des ministères nous nous attendons à ce que l’ensemble des politiques publiques prenne en compte l’impact différencié sur les femmes et sur les hommes, de leur conception à la mise en œuvre. C’est la seule façon d’arriver à une égalité réelle.

Nous sommes également sensibles au fait qu’une femme, Marilyse Lebranchu, prenne en charge la Décentralisation. Nous espérons que la représentation des femmes dans les collectivités territoriales pourra faire des progrès significatifs car nos attentes dans ce domaine sont nombreuses.

La réforme territoriale votée en décembre 2010, annonçait une grave régression dans la représentation des femmes dans les assemblées territoriales, en raison du mode de scrutin choisi [scrutin uninominal majoritaire à deux tours, ndlr] et du cumul des mandats institutionnalisé pour le conseiller territorial.

Dès l’annonce du projet de loi, nous avons alerté l’opinion publique et les élu-e-s pour que cette loi soit revue. Nous attendons qu’un véritable débat s’engage sur les modes de scrutin favorables à la représentation des femmes et que se manifeste une véritable volonté politique pour améliorer la représentation des femmes et en finir avec des assemblées départementales à très forte majorité masculine. Nous demandons que le scrutin bi-nominal (1 femme et 1 homme sur un territoire élargi) soit sérieusement étudié.

Il faut également s’attaquer au dossier de l’intercommunalité, lieu où se mutualisent les moyens et se répartissent les pouvoirs, car il n’y a, à ce jour, aucune contrainte paritaire que ce soit dans les assemblées ou dans les exécutifs.

De même, il faut mettre en chantier la modernisation du statut de l’élu-e local-e.

Et enfin, la réforme territoriale devait être couplée avec un abaissement du seuil de contrainte paritaire aux communes de 500 à 3500 habitants. Or, rien n’a encore été fait en ce domaine, il n’y a donc à ce jour aucune contrainte paritaire pour 90% des communes.

Nous attendons également beaucoup de la promesse faite par François Hollande sur le non-cumul des mandats pour les parlementaires. C’est une de nos principales exigences pour permettre le renouvellement des élu-e-s et donc favoriser l’entrée des femmes. Mais nous demandons plus, avec une limite du cumul d’un même mandat dans le temps.

En revanche, à l’approche des élections législatives, nous demeurons très sceptiques sur une réelle progression du nombre de femmes dans la future Assemblée nationale. En effet, malgré des pénalités financières renforcées pour les partis, il y a moins de candidates investies par les partis qu’en 2007, soit 40% en 2012 alors qu’elles étaient 41,6% en 2007.

Sans parler bien sûr de la « qualité » des circonscriptions où elles sont investies. Ce qui montre combien sont inefficaces les pénalités financières prévues par la loi. Trouver les mesures adéquates pour arriver à une assemblée paritaire devrait être un chantier important pour la prochaine législature.

Notre réseau se réjouit des premières avancées mais reste très vigilant sur toutes ces questions.

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