Brèves Une pétition contre la remise en cause de l’avortement légal en Turquie

Un collectif d’associations turques a lancé sur internet la pétition « Say no Abortion ban », « Dites non à l’interdiction de l’avortement ».

En Turquie, l’avortement est légal depuis 1983 jusqu’à 10 semaines de grossesse. Déplorant que le taux de fécondité soit passé de 3,14 enfants par femme en 1980 à 2,11 en 2009, le Premier ministre turc Erdogan incite les couples à avoir « au moins trois enfants ».

Dans un discours prononcé le 31 mai, Erdogan a déclaré s’opposer aux avortements, « destinés à empêcher la population de ce pays de s’accroître », et qu’il voit « comme des meurtres ».

Il propose de réduire à 6 voire à 4 semaines la durée de grossesse pendant laquelle l’avortement est autorisé. La proposition doit être soumise au Parlement ce mois-ci.

Loin d’aboutir à augmenter le nombre des naissances, cette mesure augmenterait celui des avortements clandestins, avec tous les risques que cela implique pour la santé des femmes.

Amnesty International s’est dit « profondément préoccupée » par les déclarations du Premier ministre Erdogan.

Déclarant que « restreindre l’accès à l’avortement et priver les femmes de la possibilité d’interrompre leur grossesse dans la légalité et en toute sécurité constitue aussi une violation des droits fondamentaux des femmes garantis dans de nombreux instruments internationaux contraignants », l’ONG a demandé au gouvernement turc « de faire en sorte que les droits fondamentaux des femmes soient pleinement protégés et qu’aucune mesure restreignant l’accès des femmes à un service d’avortement sûr et légal ne soit mise en place ».