Portraits Laura : la danse dans l’âme

Sourire aux lèvres et yeux pétillants, Laura Defretin a déjà tout d’une grande danseuse. Ne vous fiez pas aux clichés habituels, cette jeune femme de 17 ans ne pratique pas la danse classique mais le hip-hop, un milieu généralement qualifié de « masculin ».

Laura, alias Nala, son nom de scène, conjugue études avec danse. Clé de la réussite : « ne pas négliger ses études. Lorsque je voyais que ça allait moins bien dans les études, je mettais de côté la danse, quelque temps seulement ». Succès garanti : Laura a décroché son bac au mois de juin et s’est inscrite en BTS Tourisme au cas où la danse s’arrêterait un jour. « Tout peut arriver, c’est un sport et l’avenir est incertain ».

La passion de Laura pour cette discipline remonte à ses 10 ans. « À 5 ans ma mère m’a inscrite à des cours de modern-jazz, puis à 10 ans j’ai suivi un stage de Hip-hop». Coup de foudre. La jeune femme décide d’en faire sa passion. Très douée, elle est remarquée par des professeurs de danse qui la prennent sous leur aile.

« Je suis la seule fille parmi 20 garçons »

La maturité a sans doute permis à Laura d’en arriver là où elle est maintenant. Son caractère, déterminé et battant, lui a ouvert les voies du succès. Lorsqu’elle se lance dans l’aventure, Laura est l’une des rares filles de 10 ou 12 ans à faire du hip-hop. En effet, au départ c’est une danse de rue, marginalisée et qui ne se pratique qu’au sein des gangs.

Laura intègre un groupe au sein duquel elle est la seule fille : «Undercover ». La misogynie elle connaît un peu. Elle entend des rumeurs, des choses qui se disent dans son dos, mais jamais rien de direct. Et, elle l’avoue : « J’ai toujours été habituée à danser avec des garçons et puis au fond comme je suis une fille et petite, je suis assez fière lorsque je gagne contre des garçons ».

De la fierté, Laura peut en avoir. En 2009 et 2010, « Undercover », est sacré champion de France. Le groupe a même fini 5ème du monde au championnat de Las Vegas avec une chorégraphie librement inspirée de Mario, le personnage des jeux vidéo.

Mais, la jeune femme ne se contente pas d’un seul groupe, elle danse aussi avec des filles dans un groupe qui s’intitule « Swaggers ». Entendez par là qu’elles ont du style. Ensemble, elles sont parties au Japon sponsorisées par la célèbre marque de voiture Audi.

Et puis, il y a aussi « Criminalz », un troisième groupe dont Laura rejoint les membres de temps en temps. Là encore, Laura est un peu l’exception au milieu des vingt garçons qui dansent avec elle.

La voie de la professionnalisation

Difficile pour Laura de dire si elle pourra se professionnaliser sur le long terme dans le domaine du Hip-hop. Cette danse, dont les Français sont, d’après Laura, les           « meilleurs » n’est pas aujourd’hui reconnue. Il n’existe pas de diplôme d’Etat qui permet de faire valoir ses compétences et très peu de cours de Hip-hop.

Laura semble bien s’en sortir. À se demander où elle trouve le temps pour danser, faire ses devoirs et … donner des cours. Car, depuis quelques mois, la jeune femme est professeure à l’Ecole de danse de Hoche.

A 17 ans, elle mène une vie déjà bien chargée et l’été n’a pas été de tout repos pour elle : création et préparation d’un show de 50 minutes pour la Biennale de danse de Lyon suivies de deux semaines de stage à Londres.

Laura Defretin a tout pour réussir. Depuis quelques mois, les apparitions médiatiques se sont multipliées : Canal +, Disney Channel, M6, France 3. Elle a aussi participé à des clips pour Grand Corps Malade, Magic System ou encore The Shoes.

Son groupe est actuellement en recherche de sponsors, ce qui lui permettrait de pouvoir participer à des compétitions à l’étranger.

Sa force et son courage ne lui font pas perdre la tête : Laura nous quitte comme elle est entrée, souriante, chaleureuse et l’avenir devant elle.

 

Marina Corvillo – EGALITE