Articles récents Pendant la coupe du monde de football « Ne détournez pas le regard » … de la prostitution enfantine.

 

End Child Prostitution and Trafficking (ECPAT) mène, depuis des mois, une campagne  pour prévenir et sensibiliser aux risques accrus de la prostitution des enfants pendant la coupe du monde. Kaka et Juninho, stars du foot brésilien y participent.

Créée au début des années 90 en Thaïlande, une des destinations les plus prisées du tourisme sexuel, ⇒lECPACT est présent dans 75 pays et en France depuis 1997.

La campagne de l’ONG « Ne détournez pas le regard » est soutenue par l’Union Européenne et le SESI (Service Social de l’Industrie du Brésil). Elle est menée conjointement dans 15 pays et au Brésil. Parmi les partenaires de la campagne: le journal l’Equipe, Air FRANCE qui diffuse des spots dans ses vols à destination du Brésil et la chaîne Accor qui a posté des bannières, en dix langues, sur ses sites.

Le Ministère des Affaires Étrangères français s’est également impliqué dans cette campagne en reprenant dans son « guide du supporter » les messages et visuels de la campagne.

Jusqu’au 13 juillet, on estime que ce sont 600 000 étranger-e-s et 3 millions de Brésilien-ne-s qui se rendront dans les 12 villes où se jouent les matchs.

Le SESI sensibilise les voyageurs dans les 12 aéroports de ces villes. Des jeunes distribuent des dépliants dans de nombreux lieux touristiques : bars, restaurants, hôtels, arrêts de bus et certains stades. L’information est relayée également dans un certain nombre médias : principalement le groupe Globo TV, des radios, des journaux.

La campagne « Ne détournez pas le regard » a cette particularité d’avoir une dimension multisectorielle puisqu’elle implique des institutions publiques, le milieu associatif, le secteur du tourisme ainsi que des sportifs.

« Restez un supporteur responsable »

Deux stars du football brésilien : Kaka, ancien joueur du Milan AC,  et Juninho, ancienne vedette de L’Olympique lyonnais, se sont fortement impliqués dans la campagne.

 

 

 

Avec la Thaïlande, le Brésil est le pays le plus touché par la prostitution des enfants.

Selon Anko Ordonez, le responsable de la communication d’ECPAT France, il n’existe pas de chiffres précis du nombre d’enfants victimes de la prostitution mais seulement des estimations. Celles de la police fédérale du Brésil datent de 2011 et font état de 250 000 jeunes filles et garçons de moins de 18 ans. Pour l’UNICEF, l’estimation est encore plus importante, l’organisation compterait 500 000 enfants dans la prostitution.

Depuis plusieurs années, il existe au Brésil un N° de téléphone vert le « 100 »  qui permet de dénoncer les violences faites aux enfants. En 2013 le nombre d’appels reçus à ce N° concernant des cas de violences sexuelles c’est à dire des viols, trafic et prostitution s’élevait à 35 000, un chiffre qui montre l’importance de les combattre.

Anko Ordonez précise que le Brésil a adopté des lois qui permettent de poursuivre pénalement et de condamner toute personne, y compris les ressortissants étrangers, qui abuse sexuellement des enfants sur son territoire. Ceux qui échappent aux poursuites pénales au Brésil peuvent être poursuivis dans leur pays d’origine  grâce aux lois d’extra-territorialité concernant l’exploitation sexuelle des enfants.

 

Caroline Flepp 50-50