Articles récents L’humour : une arme pour les féministes

 

Même si les femmes humoristes sont de plus en plus nombreuses à monter sur scène, aujourd’hui encore, il est nécessaire de démontrer que l’humour au féminin, l’humour féministe existe ! Alors pour le prouver, Florence Montreynaud qui vient de publier ses mémoires féministes, organisait le 27 août , avec le réseau « Encore féministes ! », un concours d’humour féministe.

Le jury était composé de Gerard Biard, rédacteur en chef de Charlie-Hebdo et membre de Zeromacho, Liliane Kandel, féministe historique et co-rédactrice des Chroniques du sexisme ordinaire, Liliane Roudiere, rédactrice en chef de Causette et d’Anne-Marie Viossat, membre de La Barbe.

Rencontre avec deux membres du jury.

Pour Gérard Biard : « il y a a un nombre incalculable d’histoires « drôles », de réflexions soit-disant humoristiques que l’on se raconte entre copains. Ce sont des blagues sexistes, machistes comme il y a des blagues racistes. L’humour féministe, nous le soulignons, ce n’est pas un humour machiste inversé. La blague sur les mines anti-personnel (voir ci-dessous) dit quelque chose de fort sur la société patriarcale.
Il est utile de rappeler qu’il y a un humour féministe. Pour un grand nombre de gens, les féministes sont tristes, ringardes, coincées, leur objectif est de « couper les couilles aux mecs ! » Le féminisme est avant tout une idée politique et n’a rien de triste. »

Pour Anne-Marie Viossat :  « le féminisme est un combat, avec des moments dramatiques mais aussi drôles. On nous voit toujours comme des rabat-joie. Nous sommes des femmes qui aiment vivre et rire. Et je le souligne, l’humour est une arme. »

Les membres du jury ont chacun lu les blagues sélectionnées.

 

L’histoire primée

Quand la journaliste Barbara Walters avait fait un reportage sur les hommes et les femmes au Koweït, avant la guerre du Golfe, elle avait remarqué que les femmes marchaient généralement trois mètres derrière leur mari. En retournant au Koweït pour un autre reportage, elle remarque que les hommes marchent plusieurs mètres derrière leur femme.
Elle aborde une femme : « C’est fantastique ! Pourriez-vous dire au monde libre comment les femmes d’ici ont réussi à inverser les rôles ? »
Réponse : « Les mines anti-personnel. »
Chantal Nicolas-Charpenet, de Strasbourg

Autres histoires sélectionnées par le jury

Il n’y a pas de femmes frigides. Il n’y a que de mauvaises langues.
Sagesse féministe

La vierge marie pleure:  » J’aurais préféré une fille. »
Sagesse féministe

Autres histoires 

Un journaliste tend le micro aux astronautes à leur retour de la Lune (1969).
– Alors, avez-vous rencontré Dieu ?
Silence, coup d’œil entre les astronautes.
– Oui. Elle est noire.
Catherine Grangeard, Beynes

Dans un groupe de femmes, certaines critiquent les hommes qui quittent leur femme pour une plus jeune. Une participante intervient : « Je peux les comprendre. Moi aussi, j’ai quitté mon mari pour une femme plus jeune. »
Dorothea Meuren, de Weinheim, Allemagne

Tous les homophobes se réincarneront en lesbiennes noires sans papiers.
Slogan de l’association Pro-Choix

Traiter un abruti de con, c’est lui faire trop d’honneur, car il n’en a ni la douceur ni la profondeur.
Sagesse féministe

Un homme roulant sur une portion d’autoroute déserte, aperçoit, fugacement, un panneau sur lequel est écrit : « SŒURS DE LA MISERICORDE. MAISON DE PROSTITUTION. 10 Km. » Il se dit qu’il a rêvé, et poursuit sa route.
Peu après, il voit un autre panneau sur lequel est inscrit : « SŒURS DE LA MISERICORDE. MAISON DE PROSTITUTION. 5 Km. » Il se rend compte alors que ce sont de vrais panneaux. Quand il passe devant un troisième panneau annonçant « SŒURS DE LA MISERICORDE. MAISON DE PROSTITUTION. PROCHAINE A DROITE », la curiosité l’emporte et il prend à droite.
Parvenu sur un parking, il se gare près d’un bâtiment sombre en pierre. A côté de la porte, un panonceau indique « SŒURS DE LA MISÉRICORDE ». Il sonne. La porte s’ouvre sur une religieuse en long habit noir qui lui demande : « Que pouvons-nous faire pour vous, mon fils ? » A quoi il répond : « J’ai vu vos panneaux le long de l’autoroute et je me proposais de faire affaire avec vous. » « Très bien, mon fils. Suivez-moi ! » Elle l’emmène à travers une série de couloirs ce qui a tôt fait de le désorienter. Elle s’arrête devant une porte et dit à l’homme : « Toquez à cette porte ! » Il s’exécute et la porte s’ouvre sur une autre religieuse, vêtue du même habit, qui tient une sébile. « Mettez, je vous prie, 50 euros dans la sébile puis allez jusqu’au bout de ce couloir et franchissez la grande porte en bois » lui dit-elle. Il prend dans son portefeuille un billet de 50 euros, le dépose dans la sébile, se précipite dans le couloir, va jusqu’au bout et franchit la porte qui se referme derrière lui. Il s’aperçoit alors qu’il est de nouveau sur le parking, devant un panonceau : « ALLEZ EN PAIX. VOUS VENEZ DE VOUS FAIRE BAISER PAR LES SŒURS DE LA MISÉRICORDE ».

 

50-50 
Florence Montreynaud, Chaque matin, je me lève pour changer le monde. Du MLF aux Chiennes de garde. Ed. Eyrolles 2014