Articles récents Georgette Sand : le tampon on l’a en travers de la gorge !

Le collectif Georgette Sand, vient de lancer sa nouvelle campagne qui vise à faire baisser le taux de TVA pour les protections périodiques. Pour le collectif «avoir ses règles, ce n’est pas un luxe.»

 

Pourquoi cette campagne « Règles et TVA : «le tampon on l’a en travers de la gorge ! »  Pour quel objectif ?

Georgette Sand dénonce la «taxe rose» de l’État et demande que la TVA applicable sur les tampons, serviettes et coupes menstruelles diminue. Car avoir ses règles pour une femme, ce n’est pas optionnel.

Un article paru dans la presse britannique estime que les femmes payées au SMIC consacrent au cours de leur vie l’équivalent de 38 jours (!) de travail à temps plein à l’achat de tampons et serviettes.

En France, la dépense en protections périodiques représenterait en moyenne 1500 euros (1) dans une vie pour chaque femme… soit une fortune, surtout pour les personnes les plus précaires, qui optent souvent pour des solutions alternatives, non adaptées et potentiellement irritantes. Ce coût pourrait être diminué si la TVA en France passait à minima de 20% à 5,5% comme pour d’autres produits «de première nécessité» tels que l’eau, les denrées alimentaires ou les préservatifs, voire à 2,1% comme c’est le cas pour les médicaments remboursables par la sécurité sociale. Avoir ses règles, ce n’est pas un luxe.

Pourquoi ce taux de TVA maximal persiste depuis l’origine sur les protections périodiques?  La composition des commissions des finances du Parlement français nous donne un indice.

Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire (Assemblée nationale): présidents sous la Ve République : 100 % d’hommes ; rapporteurs généraux: 94% d’hommes ; bureau actuel : 60% d’hommes. Commission des Finances (Sénat) : présidents sous la Ve République : 87,5% d’hommes ; bureau actuel : 92% d’hommes.

 

Quelles sont les premières réactions à cette campagne?

Plus de 8500 signataires en une semaine à peine, des articles dans de nombreux journaux (AFP, Le Monde.fr, L’Express.fr, LCI / TF1…) et un soutien apporté par les féministes britanniques qui ont relayé le lien de la pétition française.

Des initiatives ont déjà été lancées dans d’autres pays avant la France.

Il y a une pétition pour le Canada, l’Australie et la Grande-Bretagne.


Pouvez-vous rappeler ce qu’est le collectif Georgette Sand?

Le collectif Georgette Sand décrypte l’actualité de l’égalité dans les médias, propose une alternative aux codes de genre et se mobilise pour éduquer les réfractaires. Georgette Sand souhaite valoriser l’expertise féminine dans le milieu professionnel, et plus particulièrement encourager la présence et la prise de parole féminine dans les médias et plus généralement sur le devant de la scène. Car faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ?

Voir les autres actions du collectif : Quand le collectif Georgette Sand tacle la taxe rose.

Taxe Rose : toutes les questions que vous vous posiez sur le marketing genré.

Souhaitez vous continuer à alerter l’opinion publique sur les inégalités économiques que vivent les femmes et qui étonnamment sont peu dénoncées ?

Ce n’est pas notre objectif principal, mais il est vrai que ce sujet est peu abordé pour le moment. N’oublions pas qu’en France, les femmes gagnent 24% de moins que les hommes. Elles occupent 82% des emplois à temps partiel (50% des salarié-e-s à temps partiel touchent moins de 850€ nets par mois). Aujourd’hui encore, la retraite des femmes est inférieure de 42% à celle des hommes. Revenus moindres et coûts supplémentaires, c’est donc la double peine pour les femmes.

Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 magazine

1 « Faisons le calcul : partons d’une boîte de tampons (24) à environ 3 €. C’est peu. Sauf que si l’on fait une moyenne d’une boîte par mois le tout pendant 40 ans (de 10 ans à 50 ans), on arrive déjà à près de 1.500 €. Un sacré budget. », cf « Tampons et serviettes gratuits: pourquoi les règles devraient être l’affaire de tous » sur Leplus du Nouvel Obs