Articles récents Les Prix Marjolaine : rendre visible le travail des femmes qui luttent contre le changement climatique

L’engagement des femmes dans la lutte pour la transition écologique et énergétique est aujourd’hui encore très peu visible. Elles ont pourtant un rôle fort à y jouer car elles sont particulièrement concernées et à plusieurs titres. Le Prix des Femmes Marjolaine a été créé en 2013. Il participe de cette volonté de valoriser le travail des femmes dans un secteur, celui de l’agriculture et de l’alimentation écologique et solidaire, en France et dans les pays du Sud. La 3ème édition du Prix des Femmes Marjolaine a récompensé trois projets, deux en France et un au Burkina Fasso.

Les prix 2015 se sont inscrits dans le cadre de la préparation de la COP 21. Valoriser le travail des femmes permet de favoriser la prise de conscience de l’intérêt d’une approche sur des projets tenus par des femmes.

Prix de la catégorie Alimentation et Climat : le projet KOKINEO. France

Six étudiantes de l’école de Design Nantes Atlantique et ONIRIS, une école d’ingénieur-e-s en agro-alimentaire ont eu l’audace de s’attaquer au marché agro-alimentaire. Elles se sont baptisées les « Incrépides ». Leur idée: proposer un coquillage quasi inconnu, très peu exploité et pourtant un des plus abondant au monde, très nourrissant et très bon marché (1) : la crépidule. On le pêche en baie de CancaleKokineo, le nom du produit préparé, permet de rééquilibrer la biodiversité marine et ouvre d’immenses perspectives nutritionnelles. 

Crépitude

Les «Incrépides» proposent ce «coquillage coquin, breton et voyageur» sous forme de panés croustillants, intégrant féculents et légumes. Soutenues par une entreprise qui exploite le coquillage à Cancale, les intrépides étudiantes ont monté une start-up. Leur mot d’ordre: le respect de l’environnement et de la santé.

Catégorie Agriculture et Climat : « Partageons les jardins ». France

L’association Partageons les jardins  accompagne la création de jardins partagés, et «cultive les liens entre les jardiniers» dans la région toulousaine.

 

Jardins

Créé en 2009, l’association a permis l’émergence de 7 jardins, alors que 5 autres sont en cours de réalisation. Chaque jardin touche entre 20 à 50 familles. L’objectif des fondatrices du projet est duale: d’une part promouvoir une alimentation saine, respectant la biodiversité, mais aussi favoriser le lien social, l’entraide, le dialogue dans des quartiers urbains défavorisés. L’association emploie quatre salarié-e-s: 3 femmes et 1 homme.

L’ambition des porteuses du projet est de toucher un public d’exclu-e-s, en particulier les personnes isolées ou en marge de la société. Au-delà des questions d’alimentation et de biodiversité, les jardins partagés toulousains ont aussi cette particularité de développer un volet sociétal.

Catégorie Agriculture et/ou Alimentation et Climat – solidarité internationale / «Association pour la Promotion des Arbres Fertilitaires».  Burkina Faso

Au Burkina Fasso, la baisse des rendements agricoles, la dégradation des sols, la perte des cheptels et des aires de pâtures sont quelques résultats du changement climatique déjà bien à l’œuvre.

En 2006, les 65 femmes du groupement Wend Panga sont chassées de leurs terres fertiles des rives du Fleuve Nazinon.

 

bURKINA

Marie Sia, la responsable du groupement se bat pour en trouver d’autres. Mais les terres investies sont très dégradées. Elle monte alors un programme de récupération des terres et d’adaptation aux effets du changement climatique: création de fosses de compostage, de pépinières et surtout plantation d’arbres fertilitaires, pratique de semis sous couvert, paillage des sols cultivés, cordons pierreux pour réduire le ruissellement. Elle reçoit l’appui d’une ONG française l’Association pour la Promotion des Arbres Fertilitaires.

80 autres groupements de la province du Nahouri participent également à la démarche.

Marie Sia souhaite aujourd’hui réaliser une évaluation socio-économique afin de permettre à son projet dont elle voit les résultats tous les jours de perdurer.

Trois projets très différents, mais qui, chacun à son niveau, apparaissent comme des modèles d’alternative économique à un système capitaliste qui fait courir de plus en plus de risques à la planète.

Caroline Flepp 50-50 magazine

 

Le Prix des Femmes Marjolaine a été créé par la SPAS, société organisatrice de salons bio et bien-être, notamment du Salon Marjolaine, WECF France (Women International for a Common Future, ONG qui vise à faire entendre la voix des femmes dans le DD et la politique environnementale, Résolis, association de valorisation des initiatives de terrain, Relations d’Utilité Publique, agence de communication et de mise en réseaux des acteurs d’utilité sociale.

Le Prix est soutenu par la Fondation de France et la Fondation Raja – Danièle Marcovici.

1 La crépidule se vend 2,99 € le kg

image_pdfimage_print