Articles récents Des féministes mobilisées pour l’abolition universelle de la GPA

A l’initiative du CORP (Collectif pour le respect de la personne), de la CADAC (Coordination des Associations pour le droit à l’avortement et la contraception) et de la CLF (Coordination lesbienne en France), rejointes par d’autres dont les EfFRONTtées et l’Assemblée des femmes, des féministes se sont récemment retrouvées afin de préparer les Assises de la Gestation Pour Autrui qui auront lieu le 2 février 2016.

Il y a urgence sur la GPA. En effet, la Conférence de La Hay (1) et le Conseil de l’Europe, poussés par les lobbys pro GPA européens, s’apprêtent à adopter une réglementation internationale.

Marie Jauffrey, du CORP pointe le terme de GPA «éthique», ce sur quoi s’appuient les pro GPA pour faire accepter le principe, comme si le «plaisir» d’être enceinte et de ne pas tenir compte du bébé ensuite était suffisamment répandu pour répondre aux demandes.

Elle explique Le choix du terme abolition, comme étant lié à la lutte contre le système prostitutionnel, car il repose sur la même notion d’esclavage, et se réfère au droit français (minoritaire dans le monde) qui pose le principe de l’indisponibilité du corps humain.

Maya Surduts de la CADAC revient sur le slogan du Mouvement de Libération des Femmes des années 70 «mon corps m’appartient», tout à coup repris par les néo-libéraux alors que jamais ce concept n’a été évoqué par la politique réformiste. 

 

 

Plusieurs féministes pointent le terme de «don» qui renvoie à l’abnégation, assignation au dévouement qui serait intrinsèque aux femmes, ainsi que cette injonction sociale à être mère,  ou parent, comme voie unique d’épanouissement, et de sens de la propriété qui y est liée (CLEF).

Toutes relèvent que le corps des femmes subit des manipulations violentes pour obtenir des ovules puis maintenir avant et pendant la grossesse «la gestation», sans se préoccuper du ressenti de la porteuse, et de sa santé ensuite.

Interview réalisée par Abigaël Cara et  Joachim Cairaschi 50-50 magazine

 

1 Créée en 1893, la Conférence de La Haye (HCCH) de droit international privé assure le suivi de Conventions répondant à des besoins mondiaux dans différents domaines : protection internationale des enfants, relations internationales familiales et patrimoniales, droit commercial et financier international.