Articles récents Les réactions des féministes pour une libération immédiate de Jacqueline Sauvage

Pourquoi la justice française continue d’écarter l’application de la légitime défense pour les violences faites aux femmes ? Pouquoi avoir nié la grâce partielle accordée à Jacqueline Sauvage ? Cette femme, qui a subi 47 ans de calvaire et dont les filles ont étaient victimes d’abus sexuels par le même homme, condamnée à 10 ans de prison en 2015 puis graciée en janvier 2016, n’a pas obtenu l’accord du juge d’application des peines de Melun pour sa libération conditionnelle. La décision est tombée le 12 août 2016, suscitant l’incompréhension totale et la colère des féministes. Une nouvelle pétition est ouverte et de grandes mobilisations sont prévues pour la rentrée.

Jacqueline Sauvage : à nouveau une décision incompréhensible !

Maintenir Jacqueline Sauvage en détention : une décision incompréhensible, qui indigne le réseau Solidarité Femmes

Les juges d’application des peines ont décidé de ne pas permettre à Jacqueline Sauvage de sortir d’incarcération. Les arguments avancés et rapportés par ses avocates, montrent non seulement une méconnaissance des violences conjugales mais sont irrecevables au regard de ce que nous observons au quotidien. Après des années de violences, le viol de ses filles, le suicide de son fils, Jacqueline Sauvage ne cherche pas à manipuler, elle est enfermée émotionnellement du fait des traumatismes. Et combien d’agresseurs, libérés suite à une incarcération sont autorisés à résider avec leur famille au nom de leur réinsertion, alors que leur domicile est situé à côté de leurs ex-conjointes qu’ils vont continuer à harceler et à maltraiter?

Cette décision inique relève plus d’une reprise en main de « l’affaire Sauvage », elle est désolante pour Madame Sauvage et nie des principes régissant la justice.

Après 40 années de sévices, Madame Sauvage, a déjà condamnée très sévèrement pour le meurtre de son mari et a effectué plusieurs années d’incarcération. Elle ne représente aucun danger pour la société, Solidarité Femmes demande sa libération.

La Fédération Nationale Solidarité Femmes

 

« Je, tu, elle, nous sommes Jacqueline Sauvage »

Comme nous l’avons fait savoir ce matin, et depuis des mois, nous attendions la seule décision juste concernant l’issue du calvaire de Jacqueline Sauvage : sa libération. Tout comme de nombreuses femmes en France et dans le monde, Jacqueline Sauvage a mis fin à ses souffrances de façon tragique parce que la société n’a certainement pas prêtée une oreille attentive à sa situation et n’a pas sût l’épauler, la comprendre.

La décision de François Hollande, Président de la République, de prononcer une grâce présidentielle partielle était déjà difficile à accepter. Et cela fait huit mois que cette grâce a été prononcée.

Nous ne cessons de le dire, de le répéter, les violences faites aux femmes sont un continuum. Pour reconnaître Jacqueline Sauvage d’abord comme une coupable plutôt qu’une victime, il faut continuer de considérer dans cette société, que les femmes sont condamnées à subir dans le silence les injonctions de la domination masculine. Et dans cette même société, les stéréotypes sexistes continuent de présenter les femmes comme subordonnées aux exigences masculines. Ça suffit !

Quand la justice bafoue Jacqueline Sauvage, ce sont toutes les femmes qui sont bafouées. Je, tu, elle, nous sommes Jacqueline Sauvage.

Sabine Salmon, Présidente nationale de Femmes Solidaires.

 

« ILS ONT OSE ! »

Ainsi donc le Tribunal d’Application des Peines de Melun a rejeté la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage.

Une fois de plus, la justice française fait la démonstration de son incapacité totale à recevoir la parole des femmes victimes de violences. Cette femme qui endurait depuis 47 ans des sévices, ainsi que ses enfants, de la part de son mari qu’elle a in fine supprimé, s’est vue infliger dix ans de prison. Où était la justice durant ces longues années pour la protéger ? Qu’a entendu la justice des faits qu’elle subissait ? Rien ! La condamnation est tombée, brutale comme un couperet, car il n’y avait pas de légitime défense. Surdité extrême et incompréhension absolue.

Il aura fallu une mobilisation exceptionnelle de 400 000 personnes qui ont signé une pétition réclamant la libération de Jacqueline Sauvage pour que le Chef de l’État lui accorde une grâce partielle.

Et là on nous ressert la même chose. Les magistrats ont mal pris la mobilisation antérieure sans doute…..

Le « dévoilement » des violences faites aux femmes date, grâce aux féministes, des années 1970. Jamais cette justice patriarcale n’a modifié son fonctionnement pour prendre en compte ce fait social. C’est aux victimes de se plier au fonctionnement de la justice et tant pis pour elles si elles ne rentrent pas dans les cases !

Il est grand temps que ce scandale cesse et que s’entame une vaste remise en cause de la justice française sur ce sujet. Dans un pays où la formation obligatoire de tous les personnels ayant à faire avec les femmes victimes ne date que de la loi du 4 août 2014, les féministes ne se tairont jamais ! Elles appelleront à se mobiliser dès la rentrée de septembre.

Le Collectif National sur les Droits des Femmes (CNDF)

 

« La demande de libération de Jacqueline Sauvage rejetée »

Les effronté-e-s sont accablées et scandalisées par le rejet de la demande de libération de Jacqueline Sauvage, six mois après la grâce présidentielle qui lui avait été accordée !

Ainsi, Jacqueline ne pourra pas retrouver ses proches et trouver enfin la paix après ces longues décennies de douleurs et de violences.

Pourtant, les témoignages de ses trois filles qui avaient accusé leur père de les avoir violées ne laissent aucun doute sur le régime de terreur que celui-ci leur faisait subir. De même que le coup à la lèvre dont souffrait leur mère le jour du meurtre. Hélas, la justice n’avait pas qualifié ce meurtre de légitime défense du fait que la réaction n’avait pas été concomitante et proportionnée aux coups reçus. Mais comment proportionner 47 années de maltraitances physiques et psychologiques ? Les effronté-e-s exigent que soit enfin pris en compte le syndrome de la femme battue qui développe un stress post-traumatique, induisant des mécanismes de défense incompris par la Justice.

Nous sommes d’autant plus déçues que la mobilisation des militantes féministes avait réussi à lancer un vrai débat de fond sur les violences faites aux femmes. Nous comptons depuis le début de cette année 67 femmes mortes sous les coups de leurs compagnons ou ex-compagnons. Qui en parle ? Il aura fallut paradoxalement qu’une victime tue son bourreau pour qu’on en parle enfin ! Car nous le savons : Si Jacqueline avait finit par succomber aux coups de son conjoint, elle n’aurait sans doute fait l’objet que d’une brève dans la rubrique des faits divers, dans l’indifférence générale, au lieu de faire la Une de tous les journaux.

Le cas de Jacqueline Sauvage est très représentatif. Comme 85% des victimes, elle n’avait jamais porté plainte. Sa mère était, elle aussi, battue par son père, banalisant sans doute à ses yeux la normalité des scènes de violences conjugales. Elle avait un statut professionnel de conjointe collaboratrice qui ne lui permettait pas de toucher ses propres salaires. Dans un pays où l’autonomie financière des femmes est loin d’être acquise, où les ordonnances de protection interdisant aux hommes violents d’approcher leurs victimes sont rares, où le manque de places d’hébergement d’urgence est flagrant, où les subventions allouées aux associations qui accompagnent les victimes sont rognées, comment s’étonner que les femmes hésitent à porter plainte de peur des conséquences et des représailles ?

Les effronté-e-s restent mobilisées auprès de Jacqueline Sauvage et contre toutes les formes de violences faites aux femmes jusqu’à ce que de réelles mesures et une réelle prise de conscience sur la nature et l’ampleur de ce phénomène viennent arrêter l’hécatombe !

Les efFRONTé-e-s

 

« Le maintien en détention de Mme SAUVAGE, l’infâmie poussée à son paroxysme…… Où L’ignominie qui muselle toutes les femmes »

Les arguments du TAP de Melun (Tribunal d’application des peines) nous renvoient au siècle dernier durant lequel on évoquait des concepts révolus à l’aune de nos connaissances actuelles : relations pathologiques, co-responsabilité, autant de théories dénoncées par les textes onusiens et les derniers plans gouvernementaux.

De qui se moque-t-on ?

Les motivations de la décision du TAP rendues publiques, mettent en lumière les obstacles auxquels se heurtent les femmes confrontées aux violences conjugales au quotidien. (Evocation de « conjugopathie », inversion de responsabilité, mise en doute de la parole des victimes, confusion entre conflit de couple et violences au sein du couple)

L’institution judiciaire est-elle prête à remettre en question ses présupposés ? Issus rappelons-le, d’une société patriarcale qui peine à prendre en compte la construction inégalitaire des rapports sociaux de genre.

Autre argument également évoqué par le TAP : la mobilisation populaire lors du procès de Jacqueline SAUVAGE « l’aurait empêché de réfléchir à l’acte commis et justifierait ainsi le maintien de son incarcération.»

Si l’on suit le raisonnement, l’indignation et le profond sentiment d’injustice exprimés par une grande partie de la population,  ajoutés au fait que Jacqueline SAUVAGE ne se reconnaisse pas comme criminelle, après 47 ans de calvaire expliqueraient les raisons du refus de sa libération.

Bel exemple d’inversion de responsabilité, voir de tentative de culpabilisation tant de  jacqueline Sauvage qui rappelons-le a déjà été condamnée, que du grand Public.

Au final, selon le TAP de Melun : les violences masculines au sein du couple sont un problème individuel nécessitant une remise en question psychique personnelle (des femmes victimes bien sur), dans laquelle il convient qu’elles s’interrogent sur leur coresponsabilité, de plus çà ne regarde personne (mobilisation exit),

Ainsi le message envoyé par cette décision de justice aux femmes victimes de violences sexistes est le suivant :

Ne déposez pas plainte, c’est un problème relationnel d’ordre privé !

Ne vous défendez pas non plus contre votre agresseur !

Subissez et mourrez en silence !

Messieurs les agresseurs, la route vous appartient…

Pour notre part, nous voulons dire à celles qui luttent au quotidien, vous n’êtes pas seules, nous sommes à vos côtés pour qu’évoluent ces représentations stéréotypées et faire cesser ces violences. Rejoignez-nous                                                                   

L’équipe Espace Femmes de La Roche sur Foron (membre du réseau Solidarité Femmes)

 

Rejet de la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage : l’impensé des violences sexistes

ECVF – élus et élues contre les violences faites aux femmes, regrette la décision du Tribunal d’application des peines de Melun de rejeter la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage.

Les motivations de cette décision appartiennent à la justice. Néanmoins ECVF considère que cette décision révèle les impensés en matière de violences sexistes, et notamment de violences conjugales, qui continuent à gouverner notre société. Méconnaissance des mécanismes d’emprise et mise en accusation de la victime, les ingrédients qui contribuent à la pérennisation d’une culture sexiste sont présents. C’est cette culture qui finit toujours par  faire porter la responsabilité des violences vécues aux victimes, tout en minimisant celle des auteurs de violences.

C’est cette culture qu’il s’agit de combattre, en œuvrant à tous les niveaux contre les violences faites aux femmes. Sensibilisation des citoyen.ne.s, déconstruction des idées reçues, mise en œuvre de dispositifs concrets et efficaces de détection des violences et de protection des victimes, responsabilisation des auteurs de violences, formation des professionnel.le.s…  à tous les niveaux il faut agir, et envers tous les publics. Magistrat.e.s compris.e.s.

Nous appelons le Président de la République à s’engager plus avant en soutien aux droits des femmes, à prononcer une grâce totale pour Jacqueline Sauvage et à lancer un vaste plan contre les violences sexistes.

Une pétition circule pour demander la libération immédiate de Jacqueline Sauvage. Nous vous invitons à la signer.

Elu-e-s Contre les Violences Faites aux Femmes

 

Chères amies,

L’Assemblée des Femmes avait fait partie du Comité de soutien, initié entre autres par notre amie Eva Darlan, qui, aux côtés des filles et des avocates de Jacqueline Sauvage avait réclamé sa grâce aurès du Président de la République.

Le président Hollande nous avait entendu.e.s et avait signé la grâce partielle de Jacqueline Sauvage et donc, pensions-nous, sa libération aurait lieu dans l’année.

Aujourd’hui  nous apprenons que la justice la maintient en prison, pour des motifs invraisemblables.

Nous sommes atterrées devant une preuve aussi évidente de l’incompréhension de la justice, ou tout au moins de certains magistrat.e.s devant la réalité des violences que subissent des femmes dans notre pays.

Atterrées mais combatives! Nous devons continuer à soutenir Jacqueline Sauvage, dans son combat de dignité.
Je viens de signer la pétition « Francois Hollande: Libération immédiate de Jacqueline Sauvage » et je vous propsoe de faire de même si vous partagez notre engagement, et notre détermination.

Notre objectif est d’atteindre 15 000 signatures et nous avons besoin de plus de soutiens. Pour en savoir plus et pour signer, c’est ici:

https://www.change.org/p/francois-hollande-lib%C3%A9ration-imm%C3%A9diate-de-jacqueline-sauvage?recruiter=41817598&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

Merci !
Geneviève COURAUD

Présidente de l’Assemblée des Femmes


La pétition
pour la grâce présidentielle totale de Jacqueline Sauvage. 

 

50/50 Magazine