Articles récents Assemblée nationale : la parité en marche ?

Assemblée Nationale : le Laboratoire de l’Égalité se réjouit du nombre de femmes élues et reste attentif à l’attribution des présidences de commissions.

La nouvelle Assemblée Nationale, élue dimanche 18 juin, compte dans ses rangs 223 femmes, soit 38,6% des députées, contre 27% en 2012 et 18,5% en 2007. Cette nette progression permet à la France de se hisser du 64 ème au 17 ème rang mondial quant à la représentation des femmes à l’Assemblée. « Le nombre de femmes élues à l’Assemblée nationale a doublé en 10 ans. C’est une très bonne nouvelle pour la promotion d’une culture commune de l’égalité, même si nous pouvons regretter que la parité encouragée par la loi ne soit toujours pas atteinte. Certains partis préfèrent encore payer des pénalités financières plutôt que présenter des candidates, et investissent encore davantage les femmes dans des circonscriptions difficilement gagnables », déclare Olga Trostiansky, Présidente du Laboratoire de l’Égalité.

Le Laboratoire de l’Égalité souhaite que cette bonne nouvelle s’accompagne de l’élection d’une femme à la présidence de l’Assemblée Nationale, ce qui serait une première en France, et un autre message fort. Les cinq premiers postes à responsabilités politiques (la présidence de la République, celles du Sénat et du Conseil Économique, Social et Environnemental, le Premier ministre, la présidence du Conseil Constitutionnel) sont jusqu’à présent occupés par des hommes. Il serait également important qu’au sein des commissions de l’Assemblée Nationale, la parité soit respectée et que les femmes occupent des postes de questeure, qu’elles président des commissions de façon non stéréotypée, telle que la commission des Lois, des Finances, de la Défense nationale et des forces armées, des Affaires économiques, etc.

Le Laboratoire de l’Égalité se montrera particulièrement vigilant quant au député ou à la députée qui prendra la présidence de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité de l’Assemblée nationale, avec qui ses membres entendent travailler étroitement. Plusieurs candidat.e.s aux élections législatives ont par ailleurs signé le Pacte pour l’Égalité, s’engageant à tout mettre en œuvre pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes une fois élu.e.s. Nous espérons que les 577 élu.e.s suivront le mouvement.

Le laboratoire de l’égalité

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Contraintes renforcées et volontarisme affiché : une progression sans précédent des femmes à l’Assemblée

La part des femmes à l’Assemblée nationale connait une progression sans précédent : 223 femmes ont été élues, soit 38,65% des député.e.s. Pour rappel, à l’issue du quinquennat 2012-2017, l’hémicycle était composé de seulement 155 femmes, soit 26,9% des élu.e.s.

Cette évolution de près de 12 points a été permise par l’effet conjugué des contraintes – loi sur le non cumul des mandats et doublement des pénalités financières pour les partis ne respectant pas la parité des candidatures – et l’objectif affiché de parité de la part du parti de la majorité présidentielle, arrivé largement en tête lors de ce second tour des élections législatives.

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) note toutefois que, si les femmes représentaient 42,4% des candidat.e.s, elles sont 38,65% avoir été élues. Elles ont donc, sans conteste, été plus souvent investies que leurs collègues hommes dans des circonscriptions difficiles.

Le partage des places doit désormais se traduire par un réel partage du pouvoir à l’Assemblée, aussi bien au Bureau qu’à la tête des commissions. Pour rappel, depuis 1958, 15 hommes se sont succédé à la Présidence de l’Assemblée et aucune femme n’a occupé cette fonction. En 2012, le Bureau de l’Assemblée (Présidence, vice-présidence, secrétaires et questeur.rice.s), tout comme la présidence des commissions, comptaient environ un tiers de femmes.

« Cette évolution sans précédent de la part des femmes élues à l’Assemblée nationale est une avancée remarquable pour un partage effectif des responsabilités entre les femmes et les hommes, preuve que la parité n’est plus une option mais une exigence démocratique. » estime Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’Egalité.

Voir l’évolution depuis 1945 

 

Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes

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Législatives 2017 la parité en marche à l’Assemblée nationale … Des progrès à confirmer pour  une démocratie aboutie !

Au lendemain des élections législatives, la nouvelle Assemblée nationale est remarquée pour son renouvellement, son ouverture sur la société civile, son rajeunissement et le mélange intergénérationnel, et aussi pour la représentation des femmes qui atteint maintenant 38 ,6% en partant de 27% (soit une progression de 43%). Une première dans l’histoire de la République ! Nous saluons ce bond en avant pour la légitimité des femmes et leur entrée dans l’Assemblée nationale.

Depuis un quart de siècle, un mouvement humaniste et militant d’une grande diversité a œuvré sans relâche pour que progresse la parité dans les instances élues dans une démocratie paritaire et aboutie.  En effet, en 1946, les premières élections enfin ouvertes aux femmes avaient envoyé 6, 8 % d’entre elles à l’Assemblée nationale et cinquante ans plus tard, elles n’étaient que 6,1% dans l’assemblée élue ! Ce large mouvement a été impulsé par des femmes de tous horizons politiques et associatifs, soutenu par le mouvement des femmes en général et par l’engagement de toutes les femmes candidates et élues qui ont montré la légitimité des femmes. Venue du champ politique, l’idée de parité a aussi essaimé dans tous les domaines de la société impulsant des initiatives législatives ou des politiques publiques, pour plus d’égalité et de justice sociale. Le réseau national pluraliste Elles aussi constitué d’antennes et d’associations départementales de femmes et élues, s’est engagé depuis sa création (en 1992) dans ce mouvement paritaire avec de nombreuses et régulières actions d’enquêtes et de sensibilisation.

Dans ce contexte, nous nous félicitons du résultat obtenu en 2017.

Ce résultat résulte du choix des candidatures de La République en Marche et du succès électoral de ce mouvement. Ce pas en avant montre que la volonté politique associée aux contraintes de la loi peut faire évoluer les vieilles habitudes stéréotypées et inégalitaires. Il prouve aussi que, contrairement à ce qui a trop souvent été donné comme raison pour bloquer l’entrée des femmes dans les instances élues, on peut tout à fait trouver des femmes candidates et l’électorat n’hésite pas à les élire au plus haut niveau.

La révolution culturelle de la parité est en marche à l’Assemblée nationale. Le réseau Elles aussi,  attentif aux tentatives de conservatisme archaïque, de hiérarchie entre les sexes et de retour en arrière, souhaite des évolutions similaires dans les autres instances élues où la légitimité des femmes n’est pas encore acquise (Sénat, intercommunalités) ainsi que dans tous les ministères régaliens et tous les cabinets ministériels. Et tout de suite, nous attendons la parité dans les Vice-Présidences et les commissions de la nouvelle l’Assemblée.  A quand une présidente de l’Assemblée nationale ?

Elles aussi


38,65% de femmes élues à l’Assemblée : une nette progression mais pas encore la parité !

Dimanche, la part des femmes élues à l’Assemblée nationale a grimpé à 38,65% des parlementaires contre 26,9% en 2012. C’est une nette progression mais nous sommes encore loin de la parité. En effet, l’hémicycle est constitué de 223 femmes et 354 hommes. Le compte n’y est toujours pas ! Osez le féminisme ! poursuivra son travail de pression et de sensibilisation pour aboutir à la parité effective.

Cette progression s’est inscrite dans un contexte de renforcement des contraintes : lois sur le non-cumul des mandats et doublement des pénalités financières pour les partis ne respectant pas la parité des candidatures. Malgré cela, les femmes ne représentaient encore cette année que 42,4% des candidatures, bon nombre de partis préférant payer de lourdes pénalités durant les 5 années à venir plutôt que répondre à l’exigence démocratique qu’est la parité. Enfin, pour certains partis, la part de femmes élues est significativement inférieure à la part de femmes candidates, démontrant là encore la stratégie sexiste de placer des femmes dans des circonscriptions difficilement gagnables.

 

Dans l’hémicycle, Osez le féminisme ! sera très attentive aux nominations au Bureau de l’Assemblée et dans les commissions qui sont essentielles au travail parlementaire. Nous réclamons une parité effective dans les responsabilités et ne tolérerons ni une majorité d’hommes comme à l’accoutumée, ni une parité de façade. En effet, si le gouvernement d’Edouard Philippe est jusqu’à ce jour paritaire, les ministères régaliens sont réservés aux hommes et la présence des femmes dans les cabinets ministériels est encore trop souvent minoritaire.

Osez le féminisme !

Article actualisé le 20 juin 2017