Articles récents Planning Familial : impliquer les jeunes pour qu’elles/ils se saisissent de leurs droits

Souhaitant accroître le nombre de jeunes parmi ses bénévoles, le Planning Familial cherche aujourd’hui à les sensibiliser à sa cause et à les inclure dans son combat pour l’accès à leurs droits. Amélie Brard est chargée de mener à bien ce projet « jeunes » au sein du Confédération du Planning Familial.

 

Pourquoi un projet « jeunes » au sein du Planning Familial ?

Le projet Jeunes est né en 2015 avec pour principal objectif d’impliquer davantage les jeunes au sein du Planning Familial. Il s’agit à la fois d’un impératif éthique : en tant que mouvement d’éducation populaire, le Planning Familial se doit d’intégrer des jeunes afin de leur donner les moyens d’agir par eux-mêmes, mais aussi d’une démarche pragmatique, le Planning a besoin de renouvellement militant pour survivre. Négocié pour 3 ans, ce projet tente donc d’informer les jeunes sur leurs droits afin qu’ils puissent s’en saisir, et présente le Planning comme une association où il leur est possible de militer, en devenant bénévole.

 

Quel-le-s jeunes sont concerné-e-s par ce projet ?

La tranche d’âge est assez large : nous ciblons des jeunes de moins de 35 ans. Sociologiquement, la France fait partie de ces pays où « l’entrée dans l’âge adulte » (définit avec la fin des études, l’entrée dans la vie active, la mise en couple, le fait d’avoir des enfants, etc) est plus tardive que certains de ses voisins européens. Étendre la tranche d’âge relative à la jeunesse jusqu’à 35 ans, permet donc de faciliter l’inclusion d’un public plus large.

 

En quoi consiste précisément le travail du Planning avec les jeunes ?

Il y a d’abord un volet communication, que je développe en coopération avec la chargée de communication de la Confédération, qui a créé la campagne #LibresDeNosChoix. Ce que nous souhaitons c’est mettre des outils en place pour permettre aux jeunes d’accéder à leurs droits et de s’en saisir.

Nous créons également des affiches, des cartes de présentation du Planning, des livrets d’accueil pour les bénévoles etc. pour sensibiliser les jeunes au fait que le Planning est aussi une association au sein de laquelle il est possible de s’engager.

En externe, nous nous positionnons également sur de grands événements, comme la Fête de l’Huma, le Hellfest, les Solidays… qui sont des espaces où de nombreuses associations sont représentées mais où le Planning manquait.

Nous cherchons également à produire des contenus vidéos afin de vulgariser certains concepts, parfois difficiles d’accès, comme le féminisme, le genre, etc afin de rendre plus accessible ces notions et de permettre à chacun-e de se sentir concerné-e par celles-ci.

Nous accueillons par ailleurs des volontaires de service civique, ce qui nous permet de montrer que le Planning est bien une association et qu’il apporte des compétences aux jeunes pour qu’elles/ils deviennent des relais auprès de leur entourage. Dans cette optique, nous nous efforçons de rendre inclusif le recrutement des volontaires, pour avoir une diversité de profils et pas seulement des jeunes à Bac +5.

 

Quel niveau de connaissance ont les jeunes que vous ciblez en ce qui concerne leur corps et leur sexualité ?

Les sujets relatifs à la sexualité restent très tabous en France, et ce, à travers tout l’espace social. Voilà pourquoi le Planning souligne l’importance « d’aller vers », c’est-à-dire se rendre directement au contact des jeunes dans les établissements scolaires, dans les instituts médico-éducatifs, dans les missions locales, etc.

 

Que pensez-vous de l’éducation sexuelle telle qu’elle est enseignée aujourd’hui ? En quoi consistent les interventions du Planning dans les écoles ?

En France, la loi impose, depuis 2001, trois séances d’éducation à la sexualité durant tout le cursus scolaire : au primaire, au collège et au lycée. Dans la majorité des cas, seule une séance est faite au collège, et ça s’arrête là. Il y a très peu d’établissements qui respectent la loi à ce sujet.

La sexualité est souvent abordée sous l’angle de la nécessité reproductive. On va habituellement présenter les organes génitaux, mais on ne va pas aborder les questions de plaisir, parler du clitoris, de la prostate, etc… Cela dépend souvent du bon vouloir de l’enseignant-e de SVT et des établissements, de la nature de l’établissement (privé ou public).

Le Planning aborde toutes les thématiques liées à la santé sexuelle : IST, contraception, IVG, violences…

 

Propos recueillis par Mathilde Tobias 50-50 magazine