Articles récents Les journées du matrimoine : le french cancan 2/2

Pour la 3ème fois en France, étaient organisées les journées du matrimoine, les 16 et 17 Septembre dernier. Pour Aurore Evain, actrice, dramaturge et chercheuse, le matrimoine existe depuis le Moyen-âge. Le parcours HF matrimoine du XVIIIème, avec les comédiennes de la compagnie Avant l’aube, la chanteuse Giulia De Sia, et la conteuse Hélène Loup, mené par Moïra Sauvage, nous a amené à Montmartre, sur les traces des femmes de la Commune.

La Butte Montmartre est célèbre aussi pour les femmes qui y ont chanté et dansé !

Colette 

Une femme libre, affranchie des convenances et incroyablement avant-gardiste. C’est ainsi que l’on pourrait décrire Sidonie-Gabrielle Colette née dans l’Yonne en 1873. C’est son premier mari, Willy qui lui permet d’entrer en littérature en lui faisant signer la série des Claudine. Mais elle s’émancipe rapidement de la tutelle de Willy pour vivre une vie à son image. Elle a eu toute une panoplie de métiers : le musical hall, la pantomime, le roman, le journalisme. Elle s’est entourée de femmes libres, de journalistes, d’actrices, de romancières. Toutes cherchaient à s’imposer dans un milieu masculin et y réussirent avec brio. Elle a été l’une des premières artistes à mettre en avant la sororité. Pendant la guerre, elle a même vécu dans une grande maison en colocation avec des femmes artistes et journalistes parisiennes.

On retrouve sa vie sexuelle dans ses romans, par exemple le Blé en Herbe ou Chéri, qui mettent en avant la bisexualité, l’amour de la vie et la liberté de mœurs.

Colette a dansé au Moulin Rouge et a été la première actrice à montrer ses seins sur scène. A tel point que le préfet de Marseille, lors d’une représentation, lui a demandé de se rhabiller.

Elle a tout osé ! Et enfin, pour celles/ceux qui parlent de l’amour de Brigitte et d’Emmanuel Macron comme quelque chose de moderne ou d’exceptionnel, elle initia son beau fils de 17 ans aux plaisirs de la chair alors qu’elle avait une cinquantaine d’années et l’obligea à rompre ses fiançailles par amour pour elle !

 

Yvette Guilbert

Emma Laure Esther Guilbert, dite Yvette Guilbert (1865-1944)  fut une chanteuse de music-hall française.

Née dans un milieu modeste, Yvette Guilbert chante dès son plus jeune âge. À 16 ans, elle commence à travailler chez le couturier Hentennart, puis au Printemps, ce qui ne l’empêche pas de prendre en parallèle des cours de chant et de théâtre.

L’ingénuité dont elle fait preuve en chantant des textes grivois lui vaut une grande renommée, de même que son physique et sa voix, peu conventionnels. Elle était rousse, en effet, et n’hésitait pas à s’habiller en vert, d’une robe de soie qui moulait sa silhouette longiligne. Sur ses bras, elle enfilait de longs gants noirs ce qui soulignait sa gestuelle particulière : seuls ses bras s’animaient lorsqu’elle chantait !

En 1889, un spectateur célèbre vint l’admirer à l’Eldorado, c’était Freud. Il la retrouvera plus tard à Vienne, à l’occasion d’un récital qu’elle y donnera. Grand amateur de la chanteuse, il lui demandera d’interpréter en 1938, «Dites-moi que je suis belle », la chanson qu’il aimait tout particulièrement, lors du congrès de l’International Psychoanalytical Association à Paris. Ils entretiendront ensuite une correspondance amicale assez suivie.

L’âge et la maladie venant, Y. Guilbert se retire de la scène, mais elle y revient quand même quelques années plus tard avec un registre moins boulevardier : elle ressuscite de vieilles chansons du répertoire français, et même des complaintes médiévales.

 

L’incroyable histoire du Cancan

 

50-50 Magazine 

Photo de Une : Colette en danseuse