Articles récents « Comment l’islamisme a perverti l’Olympisme » par Annie Sugier, Linda Weil-Curiel et Gérard Biard.

Sous la forme d’une interview des membres de la Ligue internationale du droit des femmes (LDIF) que sont Annie Sugier et Linda Weil-Curiel  par Gérard Biard, ce livre nous offre une analyse singulière de l’apparition du hijab lors des différentes manifestations sportives. De manière pédagogique et simple ce livre court nous a personnellement ouvert les yeux sur la question du port du voile, non seulement dans le sport mais également dans nos espaces publics.

 

L’apparition du port du voile dans les compétitions sportives internationales : progrès ou régression ?

Avez-vous déjà remarqué ces équipes de football, ces nageuses, ces athlètes qui portent le hijab ? Vous souvenez-vous de la première fois que vous avez vu une femme voilée dans une compétition sportive ? Vous rappelez-vous de ce que vous vous êtes dit cette première fois ? Laissez-moi deviner. Vous avez pensé que c’était une avancée de permettre aux femmes voilées de pratiquer le sport de leur choix, dans la tenue de leur choix. Au fond de vous, vous êtes quelqu’un de tolérant alors vous vous êtes dit « Quel progrès ! Quelle avancée ! »

Pourtant, ce livre nous démontre que non.

L’apparition de femmes voilées dans les compétitions sportives internationales telles que les Jeux olympiques est la face sombre d’une bataille victorieuse menée par la LDIF. Celle-ci, sous la dénomination Comité Atlanta+, s’est battue pour que chaque délégation olympique soit mixte. Désormais, chaque délégation olympique comporte des athlètes masculins et féminins. Victoire me direz-vous ? Ce n’est pas l’avis des auteur.e.s. En effet, cette victoire laisse un goût amer, car certains pays comme l’Iran et l’Arabie Saoudite ont accepté la participation des femmes aux Jeux en imposant quelques conditions strictes et non négociables que vous pouvez maintenant deviner. Elles y ont été envoyées sous la seule condition qu’elles portent une tenue appropriée à la pratique de leur religion, c’est-à-dire, un costume islamique. On est en droit de se questionner. En effet, la charte olympique interdit le port de signes religieux ainsi que tout signe d’appartenance politique : le stade est sensé être un espace neutre où ne compte que le sport.

Pourtant comme nous l’expliquent Annie Sugier et Linda Weil-Curiel, quand il s’agit des femmes, on peut faire des compromis. Le CIO n’hésite pas à exclure des footballeurs qui prient après avoir marqué un but, ou à empêcher la délégation olympique française de protester timidement contre le régime politique chinois, mais il accepte le port du voile par les athlètes de confession musulmane ? Mais pourquoi donc?

 

L’acceptation du port du voile par les athlètes dans les compétitions par les instances sportives : l’identité musulmane comme cheval de bataille.

Nous apprenons donc au fil de notre lecture que plusieurs instances ont d’abord refusé le port d’un costume trahissant l’appartenance à une religion. Par exemple la Fédération internationale de football  (FIFA). Elle est allée jusqu’à l’exclusion de l’équipe féminine iranienne de football pour port d’une tenue non appropriée. Cependant, elle s’est vite ravisée devant les critiques. En effet, en Iran, il y a un rejet par les autorités de la pratique du sport à « l’occidentale », pour les filles. On pointe l’occident du doigt en l’accusant de ne pas être tolérant, de pratiquer une politique exclusive et non inclusive. On prétend que l’on exclut les femmes musulmanes en ne respectant pas leur particularité religieuse.

Les auteur.e.s nous racontent les actions menées par des universitaires britanniques pour l’inclusion des femmes musulmanes dans le sport. Ces universitaires focalisent leur attention sur un point très important: ce n’est pas en tant que femmes qu’elles veulent favoriser leur accès au sport mais en tant que femmes musulmanes. La distinction établie dans le livre est surprenante et nous amène à nous poser des questions sur notre propre identité occidentale. Pourquoi devrions-nous nous adapter à des exigences religieuses ? D’autres religions existent et pourtant elles n’imposent pas à leurs adeptes de porter un uniforme. Elles ne s’imposent pas dans notre quotidien et relèvent uniquement de la sphère privée. Pourquoi devrions-nous accepter l’islam dans la sphère publique ?

La bombe est lâchée, nous devrions accepter le port du costume islamique car selon ces universitaires, c’est l’expression d’un particularisme culturel, et qui sommes-nous pour interdire l’expression d’une culture différente de la nôtre ? Pourtant culture et religion sont deux choses totalement différentes.

 

La normalisation du « relativisme culturel » affectant les droits des femmes

Ce livre nous fait prendre conscience d’une chose importante. Principalement, nous ne sommes pas choqué.e.s par le port du voile. Nous considérons que celui-ci est une manifestation d’une culture différente de la nôtre, nous nous voulons tolérant.e.s et ouvert.e.s  aux autres. Cependant ce livre nous démontre qu’accepter le port du voile, dans l’espace public qu’est le stade, ce n’est pas faire preuve de tolérance. C’est faire preuve de lâcheté et de pauvreté intellectuelle. Le voile n’est pas un costume culturel. Le voile n’est pas la manifestation d’une autre culture, mais le symbole de la soumission des femmes à une idéologie religieuse qui a pris de l’ampleur ces dernières années.

Le port du voile est l’expression de l’islam politique pratiqué par les mollahs, les clercs d’Iran et d’Arabie Saoudite. C’est un symbole de l’oppression des femmes dans ces régimes politiques qui sous prétexte de tradition culturelle, imposent leur vision du monde, dégradante et inacceptable pour les droits des femmes. Ce livre nous rappelle que le port du voile est récent. Il n’a rien de culturel. Il n’est pas le fruit de traditions ancestrales. Il est un symbole d’oppression et un moyen de soumission des femmes. Il est la preuve de l’existence d’une politique d’apartheid sexuel.

 

Le sport avant la révolution

L’équipe de football avant la Révolution iranienne

 

Vous pourrez regarder deux photos, celle de l’équipe de football féminine d’Iran, avant et après la révolution iranienne. Il n’y a pas de comparaison possible entre une équipe de jeunes femmes, têtes nues, bras croisés et souriantes et une autre prosternées, couvertes de la tête aux pieds devant le drapeau iranien.

 

Le sport après la révolution

La même équipe après la Révolution iranienne

 

Encore une preuve que le port du costume islamique n’a rien à voir avec la culture mais tout à voir avec la politique. Parfois, une photo vaut mieux que de longs discours. Arrêtons de nous voiler la face.

 

Margaux Châles – Etudiante en Master 2 Droits de l’Homme et Union européenne à Paris I. 

 

Annie Sugier, Linda Weil-Curiel, Gérard Biard, Comment l’islamisme a perverti l’Olympisme, éd. Chryséis, 2017