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MIMUL – LA REMARQUABLE

Ça y est, me voilà arrivée au Cambodge ! Première destination : Phnom Penh, la capitale. Je découvre la ville en me promenant dans les rues au milieu des tuk-tuk vrombissants. Le palais royal est impressionnant. J’arrive au marché russe, un endroit rempli de vendeuses/vendeurs de nourriture, de vêtements, de bijoux et de toutes sortes de statuettes de Bouddha ! Je continue ma journée en me perdant dans les rues de la capitale. Je passe devant une boutique d’objets artisanaux. Un chaleureux vendeur cambodgien m’accueille et m’explique la démarche de Rajana. C’est une association créée en 1995 pour valoriser et garantir de bonnes conditions de travail aux jeunes cambodgien.ne.s. Depuis, Rajana a grandi pour être aujourd’hui un grand producteur, détaillant et exportateur d’objets artisanaux. Je demande au vendeur s’il est possible de rencontrer une des femmes qui travaillent ici. Il m’emmène dans le bureau de Mimul, la directrice générale.

Mimul est née à Battambang, une ville de l’ouest du Cambodge. Elle grandit dans une famille modeste, entourée de ses 8 frères et sœurs. Elle va à l’école publique, jusqu’à 16 ans. Sa famille n’ayant pas les moyens de lui payer des études, elle doit trouver un travail. Mimul devient alors cuisinière et femme de ménage à mi-temps dans une ONG à Siem Reap, où elle gagne 50$ par mois. Elle y travaille pendant 6 ans.

MIMUL

Mimul décide ensuite d’apprendre l’anglais afin d’avoir un métier intéressant, avec de bonnes conditions de travail. Elle paye 5$ par mois dans une école privée pour 1 heure de cours par jour, pendant 2 ans. Grâce à ses compétences en anglais, Mimul décroche un nouveau poste. Elle devient vendeuse dans une boutique d’artisanat, pour l’association Rehab Crafts Cambodia. C’est une ONG qui emploie des cambodgien.ne.s handicapé.e.s afin de leur offrir un travail qui valorise leurs compétences. Mimul adore son nouveau poste où elle « travaille pour une cause qui lui est chère tout en pratiquant l’anglais, au contact direct des clients internationaux de la boutique« .

Mimul se marie en 2002 et part rejoindre son époux à Phnom Penh. Elle arrive au bon endroit, au bon moment car elle devient vendeuse et logisticienne au sein d’une nouvelle ONG, Rajana. Mimul est ravie de ce nouveau poste. 5 ans plus tard, elle devient cheffe de produit développement. Elle suit plusieurs formations dont une au Japon et exerce ce métier passionnant pendant 2 ans. L’une des activités principales de son nouveau poste est de lier des partenariats avec des entreprises ou des ONG, afin de leur vendre les créations. Aujourd’hui, Rajana compte parmi ses acheteurs internationaux l’association « Oxfam Australia », « Ten Thousand Villages » ou encore « Empower International » par exemple. En 2011 Mimul est promue Directrice générale de Rajana.

Elle vit aujourd’hui avec son mari et ses 2 enfants, « bientôt 3 » me confie-t-elle en caressant son ventre rond, un grand sourire aux lèvres. Mimul peut financièrement inscrire ses enfants dans une bonne école où ils peuvent apprendre l’anglais. Elle les éduque en leur transmettant son savoir-faire et insiste sur le fait « qu’ils doivent apprécier de pouvoir étudier et apprendre l’anglais. Je leur raconte mon histoire afin qu’ils comprennent que tous les enfants n’ont pas cette chance. »

Mimul est partie de loin pour arriver haut. « Savoir se créer des opportunités au lieu de les attendre« , telle est sa philosophie de vie.

 

Emilie Porée 50-50 magazine

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