Sport Le sport : un défi pour les filles des quartiers populaires ?

Ce n’est pas toujours simple pour une fille de pousser la porte d’un gymnase de quartier. C’est en partant de ce constat que la ville de Rennes a créé voilà cinq ans l’opération D’filles sportives pour les ados de 11 à 15 ans.

« Une fois qu’elles sont captées elles sont partantes pour plein de projets » reconnaît Stéphane Gambert, animateur sportif de proximité de la ville de Rennes. Mais les filles, et surtout les adolescentes, pour pouvoir les « capter » il faut réussir à les faire venir dans les salles de sport, à leur faire affronter le regard des autres, notamment des garçons et ce n’est pas toujours une tâche facile à l’âge où elles sont souvent mal dans leur corps et dans leur peau.
Depuis le printemps 2006, Stéphane Gambert et ses collègues animent chaque année avec les structures des quartiers rennais une journée de découverte des sports réservée aux filles : D’filles sportives. Une occasion pour permettre aux filles de jouer au foot notamment « un sport qu’elles adorent mais qu’elles ont rarement l’occasion de pratiquer ». Alors chaque année, le foot est le fil rouge de l’événement, à la demande des filles elles-mêmes. Il est généralement associé à un autre sport, le hand ou le flag-rugby par exemple.

Pour les organisateurs, les objectifs sont doubles : permettre aux filles de découvrir des sports nouveaux et leur donner envie de les pratiquer toute l’année mais aussi leur faire découvrir des équipements en dehors de leurs quartiers.

Au-delà des activités sportives

Et chaque année, c’est un succès. « Elles sont satisfaites ; elles en redemandent » résume Stéphane Gambert. À l’image de ces jeunes filles aujourd’hui trop âgées pour poursuivre, mais qui profitent des animations d’été dans les quartiers pour venir dire bonjour à l’équipe. « Elles sont venues tous les ans ; maintenant elles ont 18/19 ans, elles reviennent juste pour discuter avec nous » souligne Stéphane Gambert, fier de cette relation de complicité qui a pu s’instaurer entre eux. La relève est assurée, les petites sœurs ou voisines commencent à leur tour à former le noyau dur de l’événement.

Et, pour bon nombre de celles qui participent à D’filles sportives, il est désormais devenu plus naturel de s’inscrire à des sports « mixtes ». Le rugby en particulier a su les séduire.

Geneviève Roy – ÉGALITÉ