Société Et si dans l’affaire DSK on parlait de « victime présumée » ?

Depuis dimanche, les médias traitent l’affaire Dominique Strauss-Kahn sur un plan strictement politique. On parle beaucoup de présomption d’innocence pour l’agresseur présumé, un sondage réalisé par CSA pour BFM-TV, RMC et 20 Minutes et publié aujourd’hui révèle que 57 % des personnes interrogées pensent qu’il est victime d’un complot. On ne parle que des images choquantes du puissant menotté et de sa carrière brisée. On commence juste à aborder un peu le point de vue de la plaignante.

Cette affaire, mettant en scène un ex-futur candidat à la magistrature suprême, est politique mais également, et avant tout, un problème de société puisque les charges retenues contre le président du Fonds monétaire international (FMI) sont « agression sexuelle, séquestration et tentative de viol ».

Cette affaire pourrait donc être l’occasion de mettre en lumière la question des agressions sexuelles dont se rendent coupables un certain nombre d’hommes, et parmi eux des hommes de pouvoir, et qui en France bénéficient bien souvent de l’indulgence générale. En France où l’on a tendance, dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui et plus généralement, à confondre vie sexuelle – même débridée – entre adultes consentants et agression ; où, sous prétexte de défendre la vie privée, on protège parfois des agresseurs.

Où, comme le rappelait la campagne « Viol : la honte doit changer de camp », 75 000 femmes sont violées chaque année, et où les femmes renoncent bien souvent à porter plainte.

Il est patent que le pouvoir attire. Les hommes politiques en profitent pour beaucoup d’entre eux. Mais si jeux de séduction et libertinage ne sont pas pas condamnables, on parle ici de violences.

Nous attendrons donc, avant de porter tout jugement, que l’enquête dont DSK est l’objet aboutisse. Mais si les faits que dénonce la jeune femme de chambre, divorcée, mère d’une adolescente, sont avérés, il reste à espérer que ce soit l’occasion pour le parti socialiste et toute la classe politique d’une réflexion sur les violences faites aux femmes et sur la toute puissance des hommes de pouvoir.

EGALITE

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