Culture « Le Prolongement de moi », l’amour maternel en question

Le réalisateur Steve Catieau pendant le tournage

Le réalisateur Steve Catieau pendant le tournage.

EGALITE a décidé de soutenir Le Prolongement de moi, un film d’une trentaine de minutes, qui sera décliné sous le format d’une mini-série web en dix épisodes, diffusés sur notre site à partir du mois de juin.

Cette série est écrite par Steve Catieau, que nous avions déjà présenté dans nos colonnes pour son premier court-métrage, Les Matrones, qui abordait la sexualité des femmes de plus de 60 ans. Il est également romancier. Son deuxième roman, Les Paradoxes urbains, évoque sur une année calendaire, la vie de Parisiens qui résident dans le même immeuble.

Quel est le sujet du Prolongement de moi ?

Le sujet tourne autour d’une jeune mère, Helena, qui a des difficultés à éprouver des sentiments pour son petit garçon. Je raconte un bout de son histoire à travers son quotidien. Il s’agit de moments de tous les jours où on la voit évoluer dans son univers. Ses proches sentent un malaise mais ne peuvent pas imaginer ce qui se cache vraiment sous cette nonchalance… C’est une femme qui n’arrive pas à jouer complètement son rôle de mère. Ou du moins à s’épanouir dans celui-ci.
Le Prolongement de moi est un court-métrage qui sera décliné sous forme de web série.

Pourquoi aborder cette question délicate ?

Je n’en ai pas la réponse. Ce que je sais c’est qu’il est important pour moi de traiter le sujet de façon la plus sobre possible. Je ne veux faire d’Helena ni une folle ni une femme perdue ou une mauvaise mère. Mon personnage est une femme comme une autre, qui concilie travail, amour et famille dans une époque trouble où chacun se concentre sur son « moi ». Helena tente de faire comme elle peut avec ce que l’on lui a appris et ce qu’elle voit…

Connaissez-vous des femmes comme votre héroïne ?

J’ai rencontré il y a quelques années une comédienne qui m’avait confié n’avoir aucune affinité avec sa fille. Elle exprimait un fait, sans émotion, ni douleur apparente. D’ailleurs, je l’avais longtemps pensé sans enfant… Et puis, je vous ai dit « une femme comme une autre », Helena ce peut être vous, elle ou l’autre. La voisine que l’on croise dans les escaliers. L’institutrice qui consacre sa vie aux enfants. Votre boulangère… Elles se taisent parce que la société ne peut pas entendre un « je n’aime pas mon enfant ».

Qui sont vos acteurs et actrices ?

Scène de tournage

Lorène Devienne, Helena, et Frédéric Gorny, Antoine, lors du tournage.

Lorène Devienne tient le rôle principal, elle interprète Helena. C’est une comédienne très intuitive. Je l’ai rencontrée par l’intermédiaire de Frédéric Gorny, qui joue le rôle d’Antoine, le père de l’enfant. Frédéric a beaucoup apporté au projet. Il s’est beaucoup impliqué. Et je l’en remercie.

Dès que j’ai vu Lorène, j’ai su qu’elle était Helena. Elle est entourée de nombreux comédiens talentueux. En tête, la chanteuse Marie France, qui joue sa mère, Béatrice de Staël, Dominique Frot, Jules Dousset, Gilles Guillain, Sandie Masson, Marie-Catherine Conti, Mireille Joffre et Olivier Nicklaus…. Chacun des comédiens a une identité et un univers très singuliers, ils apportent au film un étonnant mélange de caractères. Je suis très fier de ce casting.

Quelles ont été leurs réactions à la lecture du scénario ?

Je pense que le texte a donné envie aux comédiens d’entrer dans l’aventure et d’y mettre leur patte. Le sujet, forcément, interpelle… Mais il y a aussi un vrai défi. Celui de donner de l’épaisseur à son personnage en quelques minutes. L’exercice est compliqué, mais motivant.

Comment s’est passé le tournage ?

Très bien ! Des rencontres, des moments forts, du partage. J’ai eu beaucoup de chance d’être entouré de personnes très investies dans le projet qui m’ont aidé à le réaliser. Pendant ces six jours de tournage, il y a eu des moments forts en émotion, du rire, des angoisses, des craintes. Je suis passé par tous les stades ! J’ai eu de la chance, je le sais… Je remercie tous mes complices pour leur travail.

Comment réussit-on à trouver des fonds pour tourner un film sur un sujet si particulier ?

En donnant envie aux autres de vivre l’aventure ! C’est un projet auto-produit par choix. Je voulais conserver ma liberté. J’ai réussi à collecter un peu d’argent par l’intermédiaire du site Ulule en invitant les internautes à contribuer en échange de contreparties. J’ai sollicité des amis aussi. Et puis tout le monde a travaillé bénévolement. Ce film, c’est beaucoup de système D. Il faut croire en ses projets et les mener de front sans rien lâcher.

J’espère que vous aurez autant de plaisir à découvrir Le Prolongement de moi… C’est une affaire à suivre, car pour l’instant je travaille au montage du film….

Propos recueillis par Caroline Flepp – EGALITE