Culture La vie, l’amour, les hommes, de mère en fille…

Détail de la couverture du livre "Les Petites Meres"

Quatre femmes, quatre générations, une même famille : Concepcion dite la Vieille en sucre, l’arrière-grand-mère, Fernande, la grand-mère, Babeth, la mère, et Rose.

Une lignée de femmes dans une famille où les hommes sont absents : partis, disparus, lâches ou méchants.

Rose a fait des études puis est « montée » à Paris pour travailler. Elle y rencontre Martin, cadre supérieur dans une banque.

C’est à ce stade du presque conte de fées que le livre s’ouvre, sur la visite de Rose dans son Sud-Ouest natal pour présenter son fiancé à ses petites mères. En préparant le dîner, chaque femme revisite son passé, égrène ses rancœurs, ses peurs.

Couverture du livre "Les Petites Mères"Dans une unité de temps, autour des préparatifs de la rencontre et du dîner lui-même, qui resserre le roman, s’opère un va-et-vient entre les quatre femmes, le passé de chacune et l’avenir de Rose.

Chacune des trois mères a une histoire de rupture ou d’abandon et chacune espère que Rose rompra avec cette malédiction. En amenant Martin chez elle, Rose espère que les petites mères ne viendront pas troubler la réussite et l’apparente sérénité de sa nouvelle vie.

A la fin du dîner, la situation prendra une tournure aussi radicale qu’inattendue. On pourrait craindre la répétition du malheur amoureux pour la jeune Rose. Mais elle choisit, par une décision inattendue, d’y échapper.

C’est un roman sur la malédiction matriarcale, la difficulté de la transmission mère-fille. Sur la subtilité du lien maternel, aussi, et la nécessité de s’en défaire pour être libre.

Un roman noir et plein d’espoir à la fois, puisque l’héroïne échappe à la malédiction.

Un univers resserré, renfermé, et que pourtant on n’a pas envie de quitter : on a le sentiment que l’intelligence des cœurs et des âmes y rend encore tout possible…

Les Petites Mères, Sandrine Roudeix, Flammarion, février 2012, 16 €

Danielle Michel-Chich – EGALITE