Société « Qui va garder les enfants ? » Osez le féminisme ! se mobilise pour le développement des crèches

A travers cette campagne, Osez le féminisme ! revendique la création de 500 000 places dans le secteur public ou associatif de la petite enfance. L’association exige un accueil de qualité qui ne se fasse pas aux dépends de l’encadrement. Elle demande également une accessibilité géographique en invitant les collectivités locales à établir des schémas de développement. Osez le féminisme ! estime que les structures pour les tout petits méritent d’être financées, au même titre que les écoles pré-élémentaires.

« Qui va garder les enfants » ? 

Bien plus qu’un nom de campagne, cette question traduit l’angoisse quotidienne que rencontrent tous les jeunes parents. Aujourd’hui, seuls 10% des enfants de moins de trois ans bénéficient d’une place en crèche. Les structures sont rares et privilégient les familles les plus proches géographiquement. Les solutions alternatives manquent, et 63% des enfants sont gardés par un des parents – presque toujours par la mère -, le recours à une assistante maternelle ou à une nourrice étant souvent trop onéreux.

La campagne s’articule autour d’une affiche mettant en scène la « roue de la crèche », où les parents ont toutes les chances de tomber sur la garde parentale. L’association a créé pour l’occasion un site internet, quivagarderlesenfants.fr, qui propose un état des lieux de l’accueil des jeunes enfants. On y trouve également une rubrique participative recueillant différents témoignages de parents, d’élu-e-s et de professionnel-le-s ainsi qu’une pétition qui demande aux pouvoirs publics la création de 500 000 places en crèche.

Les femmes pénalisées par le manque de structures d’accueil

L’insuffisance de l’offre d’accueil des jeunes enfants dessert en premier lieu les femmes. Par manque de solutions, nombre d’entre elles sont obligées de réduire leur temps de travail, voire de quitter leur emploi pour prendre un congé parental. Ainsi, 94% des congés parentaux sont demandés par les mères. Par la suite, il devient souvent difficile pour ces dernières de retrouver une stabilité professionnelle.

Pour Osez le féminisme !, ce schéma bien ancré soulève l’énorme fossé qu’il reste à franchir pour accéder à un partage équitable des taches ; mais il souligne aussi la disparité professionnelle, directement causée par la différence de revenus entre femmes et hommes : ces dernières sont plus à même de quitter leur emploi, la perte de revenus étant souvent plus importante si l’homme est amené à prendre un congé parental. Une réalité qui permet difficilement de s’écarter de ce schéma.

 

Sophie Louy – EGALITE