Culture Aux Archives citoyennes : Les femmes et la migration

Les Archives Nationales, dans le cadre de la série « Aux archives citoyennes », abordent sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, la question de la migration. L’inauguration de cette série d’événements aura lieu le 7 décembre 2017 avec l’ouverture de l’exposition « migrations au féminin, un siècle d’histoires en France » réalisée par l’association Génériques et qui coïncidera avec la journée débat pour les 30 ans de cette association qui a fait de la conservation des mémoires et histoires de l’immigration sa raison d’être. Puis le 13 décembre, la remise du prix Edouard Glissant examinera la migration d’Outre-mer, entre autres, d’un point de vue genré.

Il est clair que la notion d’archives se situe au centre de la formation des histoires de l’histoire de la migration et des femmes migrantes. L’association Génériques créée en 1987 à l’initiative d’historien.ne.s, de journalistes spécialisé.e.s sur les questions d’immigration, de militant.e.s des droits des immigré.e.s etc n’a cessé de collecter, préserver, témoigner et connaître ces archives qui auraient pu disparaître.

Ainsi qu’Amar Nafa, directeur de Génériques, nous l’a rappelé « il fallait avoir une démarche scientifique pour associer cette histoire à l’histoire de France ». Il insiste en remarquant : « quelles traces de l’immigration vont rester dans l’histoire si ce travail d’archivage n’est pas fait ? » Les archives, qu’elles soient photographiques, graphiques, ou écrites sont largement collectées dans la sphère privée, associative, etc. Elles deviennent donc un bien public et collectif indispensable pour faire face aux enjeux sociétaux de la migration. Ces questions ne peuvent être débattues sans ces outils précieux.

La rencontre du 7 décembre sur le Site de Pierrefitte-sur-Seine abordera la question : « Monde associatif et intégration sociale, quelles dynamiques entre société civile et pouvoirs publics ? »

 

Les migrations au féminin

L’exposition sur les migrations au féminin, suivant une ordre chronologique, tisse les différents parcours des femmes migrantes arrivant en France avec le fil de la précarité qui se perpétue jusqu’à nos jours. Les bonnes suisses des années 1900 sont maintenant des bonnes philippines. Les différents temps des femmes dans la migration sont présentés dans cette exposition. Ainsi les mobilisations pour les droits des femmes immigrées et l’égalité apparaissent dans les années 70 avec la formation des premiers collectifs de femmes immigrées.

Des visites guidées de l’exposition seront également organisées.

Le 13 décembre, la remise du prix et de la Bourse Edouard Glissant ouvrira l’exposition « Mémwa : cent ans de migrations venues d’Outre-mer » et donnera lieu à une conférence sur l’histoire des migrations d’Outre-mer dans le contexte du Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’outre-mer (Bumidon) qui a organisé la migration d’outre-mer entre 1963 et 1981. Cette histoire ne peut continuer à être oublié c’est ce que Jessica Oublié et Marie Ange Rousseau avec le soutien des archives nationales ont mis en images et en textes dans leur roman graphique Peyi an nou (1). Rien de mieux pour nourrir cette conférence et revoir le contexte genré du Bumidon.

Les femmes migrantes, déplacées, sont des citoyennes, des actrices à part entière de la vie sociale et politique de notre pays.

 

Brigitte Marti 50-50 magazine

 

Le programme

Aux archives citoyennes 59 rue Guynemer  93383 Pierrefitte-sur-Seine

1 Jessica Oublié et Marie Ange Rousseau : Peyi an nou Ed Steinkis. 2017