Articles récents Georgette Sand : on nous prend pour des pigeonnes !

TRIBUNE

Le Collectif féministe Georgette Sand s’est constitué autour de la question centrale : « Faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ? »

Nous souhaitons à travers nos actions et nos prises de position:

  • Participer à la déconstruction des stéréotypes de genre, qui notamment essentialisent l’assurance des hommes et la retenue des femmes alors qu’il s’agit uniquement de la traduction d’acquis éducatifs et de projections sociétales autoréalisatrices.
  • Valoriser l’expertise des femmes en dénonçant l’omniprésence masculine sur les postes d’expert-e-s tout en accompagnant les femmes afin qu’elles conscientisent davantage leur expertise et leur légitimité.

Nous sommes conscient-e-s de l’impact négatif du marketing genré sur :

Nos représentations car le marketing genré enferme femmes et hommes dans un univers de couleurs, le rose pour les femmes, le bleu, les couleurs foncées pour les hommes et un univers de caractéristiques réducteurs pour les 2 sexes (aux hommes la force, le courage, aux femmes la douceur et la focalisation sur leur beauté extérieure)

La surconsommation: quel parent confierait le vélo rose acheté pour sa petite fille à son petit garçon tant il est vrai que tout ce qui est rattaché à la féminité est déconsidéré?

Notre travail sur la « womantax » ou encore la « taxerose » qui s’est concrétisé par la mise en ligne d’un tumblr  nous a également permis de vérifier une hypothèse de travail : on nous prend pour des pigeonnes.

Pour en savoir plus sur notre travail autour des insultes non discriminantes c’est par là .

En France, les femmes gagnent 27% de moins que les hommes. Elles occupent 82% des emplois à temps partiel (50% des salarié-e-s à temps partiel touchent moins de 850€ nets par mois). Aujourd’hui encore, la retraite des femmes est inférieure de 42% à celle des hommes.
Le marketing genré en segmentant le marché entre filles et garçons en plus de véhiculer des stéréotypes et de pousser à la surconsommation, inflige une taxation spécifique aux femmes.
Une étude américaine citée par le magazine Forbes avait établit le préjudice supporté financièrement par les femmes à plus de 1300 dollars par an. Produits d’hygiène, coiffeurs, pressings, retoucheries, la liste n’est pas exhaustive et vous pouvez vous aussi l’allonger en envoyant vos exemples à tumblrwomantax@gmail.com.

Pétition contre Monoprix

Nous avons décidé de lancer une première pétition contre Monoprix via la plateforme Change qui a déjà récolté plus de 18 000 signatures et a suscité une réponse désolante de la marque. Pour voir nos échanges et la pétition.

Nos demandes sont basiques.

Il faut arrêter les rayons genrés car ils empêchent de comparer les prix et donc de consommer de manière avisée. L’hyper segmentation du marché permet d’imposer des prix qui n’ont plus rien à voir avec le calcul de marges commerciales mais tout à voir avec des présupposés sur le prix moyen que femmes et hommes sont prêt-e-s à débourser pour tel ou tel produit. La pression sur le corps des femmes est telle qu’elles dépensent en moyenne plus d’argent que les hommes pour ce type de produits. Des produits neutres favoriseraient les économies d’échelle et endigueraient aussi la surconsommation.

Si les rayons genrés sont maintenus, parce que la pédagogie, on le sait, ça prend du temps: nous demandons que soit précisé le prix de la déclinaison du produit pour l’autre genre au même titre qu’est indiqué le prix au litre ou au kilo et que soit mis à disposition dans les deux rayons les produits les moins chers .

Monoprix n’est que la première de nos cibles et les grandes chaînes de coiffure peuvent d’ores et déjà trembler. Qui peut encore croire en 2014 que toutes les femmes ont les cheveux longs et tous les hommes la boule presque à zéro?
Nous demandons également au gouvernement qu’une étude soit menée afin d’objectiver la réalité et le montant de la #taxerose
Les femmes, majorité minorisée à maints égards, refusent de débourser plus que les hommes pour des produits ou des services similaires voire identiques alors qu’elles sont déjà lésées financièrement pour leur salaire et leur retraite.

Le Collectif Georgette Sand