• Voix de Femmes : pour une journée internationale contre le mariage forcé

    C’était en pleine “randonnée” parisienne à la recherche de masques pour son équipe et les femmes qu’elle accompagne, que Christine-Sarah Jama, directrice de l’association Voix de Femmes, explique son combat. Elle lutte depuis le 8 mars 2000, contre le mariage forcé. Une violence fortement invisibilisée et minimisée, noyée dans des problématiques plus larges.  Voix de […]

  • Marie Cervetti : « pendant le confinement, ces femmes victimes de violences, invisibles, souvent traitées d’assistées, ont pris de l’importance »

    Marie Cervetti est directrice de l’association FIT, Une femme, un toit, qui gère un centre d’hébergement et de réinsertion sociale pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles et en situation de précarité. Située à Paris, la structure possède une particularité : elle serait la seule en France à n’accueillir que des jeunes femmes […]

  • Violences faites aux femmes : les financements de l’État, c’est pour quand ?

    Le Conseil de Paris a voté 500 000 euros de subventions aux associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Un choix consensuel… sauf pour les élu·es LREM. La crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 a révélé la valeur du travail des femmes mais aussi l’exacerbation des inégalités et des violences. Les […]

  • Les droits des femmes toujours menacés en Pologne

    En Pologne, le gouvernement profite de la crise sanitaire actuelle pour remettre en question les droits des femmes. Des droits déjà menacés à plusieurs reprises, dans un pays où l’Eglise catholique occupe une place centrale. Une situation jugée inacceptable par Nina Sankari, activiste féministe et rédactrice en chef de la Revue Athée. Le projet de […]

  • Chroniques méditatives d’une agitatrice: Maternité, privilège ou tricherie ?

    Interrogation sur le regard parfois réprobateur porté sur l’absence au travail des femmes, dû au congé maternité. Et si les hommes nouvellement pères devaient s’absenter tous pour la même durée, que se passerait-il ? Il te reçoit pour un poste qui t’intéresse. Tu lui présentes ton CV, assorti de l’état de service qui détaille administrativement […]

  • Le Kori Doré : l’Afrique a du goût

    Le plaisir conjugué des papilles et des pupilles, c’est ce que vous propose Nafy Ndiaye spécialiste du cake design afro-caribéen. Passionnée de cuisine et de pâtisserie depuis sa tendre enfance, cette entrepreneuse a créé en 2017 sa marque Le Kori Doré, des gâteaux et cupcakes design aux motifs afro-caribéens et aux saveurs exotiques. Un concept original, […]

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DOSSIERS

La révolution clitoridienne en mouvement

C’est l’histoire des corps des femmes sur trois siècles. Au XIXe siècle, elles seront les “hystériques” du grand professeur Charcot. Au XXe siècle, elles seront cataloguées “frigides” par Freud et ses confrères. Au XXIe siècle, elles seront “guéries de leur frigidité” par les neuroscientifiques qui créent la pilule rose. Les Folles de la Salpêtrière & leurs sœurs traite de la médicalisation de la sexualité féminine.

Avec un style ciselé, tantôt humoristique, tantôt tragique, tantôt glaçant, ce spectacle nous conduit au fil des époques, des croyances, des théories successives dans l’itinéraire des injonctions à l’endroit des femmes. Autrice, metteuse en scène, comédienne, Sarah Pèpe est sur tous les fronts. Mais les sœurs sont là : chorégraphe, danseuses, musicienne, chanteuses, comédiennes participent de cette création. Cette plurivocité des sœurs donne un rythme soutenu à la pièce. Entre respiration et halètement, le drame se déroule. Elles déclament, circulent dans les époques, elles surgissent et disparaissent pour réapparaître métamorphosées. Elles affirment, elles disent, elles nous confient ce qu’elles éprouvent, ce qu’elles veulent et ne veulent pas, ce qu’elles voudraient, ce qu’elles demandent.

Subversive avec justesse, elle interroge ce qu’on absorbe à notre insu. Point de haine, ni de rejet, juste un refus profond de ce qui empêche la liberté de penser, de désirer, de refuser, de décider pour soi. La norme rapetisse bien souvent la richesse en troquant l’homogénéité contre la diversité créatrice, inventive et respectueuse. « C’est combien trop ? » La norme, qui saurait à notre place le calibrage approprié de nos organes, de nos mensurations. La norme qui s’intériorise subtilement, est démasquée et chacun.e peut se surprendre à découvrir ses propres zones d’ombre. La satire se veut légère. Il ne s’agit pas de mettre au bûcher ces hommes savants, qui prétendaient décrypter le corps des femmes à leur place, mais de permettre une lecture subversive de leurs énoncés. Les enjeux sont importants, mais le traitement théâtral conduit à les surplomber avec légèreté : l’approche n’est pas didactique, même si on sent que l’autrice s’est beaucoup documentée sur les questions qu’elle aborde.

La Salpétrière est le point de départ d’une circulation historique/hystérique. Les sœurs sont nombreuses, avant, après, ailleurs, jeunes ou moins jeunes, toutes sont aux prises avec des discours d’emprise, de maîtrise sur leur féminité. Peuvent-elles s’en démarquer, s’en émanciper ? Pour compléter l’aventure, des bords de plateau sont proposés à l’issue de certaines représentations, car ce que vise la Compagnie Vent Debout conduite par Sarah Pèpe, c’est d’ouvrir le débat. Et puisque la sororité n’a pas de frontière, une sculptrice, Cecilia DA MOTA, expose également quelques-unes de ses œuvres.

Daniel Charlemaine 50-50 magazine