• Iris : “lors de l’assemblée générale des précaires de la culture, il n’y avait que des femmes à la tribune”

    En novembre 2019, plusieurs vacataires des Musées de la ville de Paris se réunissaient pour former un collectif. Leur but ? Mettre en lumière les « problèmes liés à la précarité » de leur statut et faire bouger les lignes. Le 5 décembre dernier, une quinzaine d’entre elles/eux rejoignaient le mouvement national de grève contre […]

  • SéduQ, le jeu qui révolutionne l’éducation à la sexualité

    « La sexualité c’est cool. Si ce n’est pas cool, ce n’est pas du sexe ». Une phrase simple et pourtant si importante qui résume parfaitement le projet SéduQ. Entre jeu de société et outil de prévention et d’éducation à la sexualité, SéduQ veut redonner aux adolescent·es le pouvoir sur leur sexualité. Qui sait, cela peut devenir votre […]

  • Le coronavirus : une occasion de développer une éducation à la mixité et à l’égalité

      La plupart des parents sont amenés aujourd’hui à déléguer l’éducation de leurs enfants aux autres (nounous, enseignants, activités sportives et culturelles etc) et il est bien normal qu’il leur soit difficile de les cadrer et les occuper à plein temps – surtout quand il faut rester enfermés à la maison alors que le soleil […]

  • Immersion dans la formation au programme Genre & Santé sexuelle

      Le Mouvement Français pour le Planning Familial (MFPF), au-delà de toutes les missions qu’on lui connaît : animations de prévention en milieu scolaire, accueils individuel et collectif dans les associations (contraception, IVG, IST), est aussi un organisme de formation et d’éducation populaire. La formation « Genre & Santé sexuelle » a pour objectif de […]

  • Le Gouvernement pleinement mobilisé contre les violences conjugales et intrafamiliales

    Le contexte particulier de confinement, indispensable à l’endiguement de la pandémie de Covid-19, constitue malheureusement un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales : la promiscuité, les tensions, l’anxiété peuvent y concourir. Le Gouvernement y est particulièrement vigilant et pleinement mobilisé. Depuis le début du mandat, il s’est engagé avec la plus grande résolution pour lutter contre le fléau […]

  • Mes voisines lesbiennes du cimetière du Père Lachaise

    Il y a quelques années, après avoir vu le film Les Stances à Sophie (Moshé Mizrahi, 1971), film cryptolesbien basé sur le livre de Christiane Rochefort, je pris l’habitude d’aller régulièrement m’asseoir sur le petit banc devant la tombe de Christiane, avec une sculpture d’éléphant dessus. De fil en aiguille, j’ai réalisé que Monique Wittig […]

Articles récents

DOSSIERS

La révolution clitoridienne en mouvement

C’est l’histoire des corps des femmes sur trois siècles. Au XIXe siècle, elles seront les “hystériques” du grand professeur Charcot. Au XXe siècle, elles seront cataloguées “frigides” par Freud et ses confrères. Au XXIe siècle, elles seront “guéries de leur frigidité” par les neuroscientifiques qui créent la pilule rose. Les Folles de la Salpêtrière & leurs sœurs traite de la médicalisation de la sexualité féminine.

Avec un style ciselé, tantôt humoristique, tantôt tragique, tantôt glaçant, ce spectacle nous conduit au fil des époques, des croyances, des théories successives dans l’itinéraire des injonctions à l’endroit des femmes. Autrice, metteuse en scène, comédienne, Sarah Pèpe est sur tous les fronts. Mais les sœurs sont là : chorégraphe, danseuses, musicienne, chanteuses, comédiennes participent de cette création. Cette plurivocité des sœurs donne un rythme soutenu à la pièce. Entre respiration et halètement, le drame se déroule. Elles déclament, circulent dans les époques, elles surgissent et disparaissent pour réapparaître métamorphosées. Elles affirment, elles disent, elles nous confient ce qu’elles éprouvent, ce qu’elles veulent et ne veulent pas, ce qu’elles voudraient, ce qu’elles demandent.

Subversive avec justesse, elle interroge ce qu’on absorbe à notre insu. Point de haine, ni de rejet, juste un refus profond de ce qui empêche la liberté de penser, de désirer, de refuser, de décider pour soi. La norme rapetisse bien souvent la richesse en troquant l’homogénéité contre la diversité créatrice, inventive et respectueuse. « C’est combien trop ? » La norme, qui saurait à notre place le calibrage approprié de nos organes, de nos mensurations. La norme qui s’intériorise subtilement, est démasquée et chacun.e peut se surprendre à découvrir ses propres zones d’ombre. La satire se veut légère. Il ne s’agit pas de mettre au bûcher ces hommes savants, qui prétendaient décrypter le corps des femmes à leur place, mais de permettre une lecture subversive de leurs énoncés. Les enjeux sont importants, mais le traitement théâtral conduit à les surplomber avec légèreté : l’approche n’est pas didactique, même si on sent que l’autrice s’est beaucoup documentée sur les questions qu’elle aborde.

La Salpétrière est le point de départ d’une circulation historique/hystérique. Les sœurs sont nombreuses, avant, après, ailleurs, jeunes ou moins jeunes, toutes sont aux prises avec des discours d’emprise, de maîtrise sur leur féminité. Peuvent-elles s’en démarquer, s’en émanciper ? Pour compléter l’aventure, des bords de plateau sont proposés à l’issue de certaines représentations, car ce que vise la Compagnie Vent Debout conduite par Sarah Pèpe, c’est d’ouvrir le débat. Et puisque la sororité n’a pas de frontière, une sculptrice, Cecilia DA MOTA, expose également quelques-unes de ses œuvres.

Daniel Charlemaine 50-50 magazine