Brèves Les verrous inconscients de la fécondité, un livre de Joëlle Desjardins-Simon et Sylvie Debras

En France, un couple sur sept consulte parce que l’enfant désiré ne paraît pas… et se retrouve parfois entraîné dans un parcours lourdement médicalisé, coûteux à tout point de vue, et auquel les femmes payent le plus lourd tribut. Pour un résultat très aléatoire puisque toutes techniques confondues, les tentatives n’aboutissent à une grossesse que dans 16 % des cas. Un taux particulièrement faible que les médias et les services d’assistance médicale à la procréation taisent volontiers.

Venant déranger ce bel ordre médical établi, Joëlle Desjardins-Simon, psychanalyste dans un service d’AMP depuis 15 ans, et Sylvie Debras, journaliste engagée dans une réflexion féministe, soutiennent que l’infécondité est orchestrée par l’inconscient… et qu’elle est le résultat d’une dynamique de couple. Parfois, une femme et un homme se rencontrent pour ne pas concevoir d’enfant ensemble malgré leur désir affirmé.
Au fil de nombreux récits de vie, les auteures montrent que le psychisme peut verrouiller l’accès à la maternité et à la paternité.  Pour chaque personne en quête d’enfant, les mêmes questions se posent. Quelles relations infantiles a-t-elle établies avec ses propres parents ? Comment est composée sa fratrie ? La place de l’enfant n’est-elle pas déjà prise ? Que risqueraient le couple et l’enfant à naître ?

Les deux auteures expliquent qu’au-delà du vécu individuel, l’histoire familiale, avec ses drames et ses secrets, pèse sur plusieurs générations. L’arrêt de la transmission est parfois capital pour la survie du sujet ou du couple. Elles affirment que la maternité ou la paternité ne sont pas les seules voies de réalisation de l’être humain.

Les verrous inconscients de la fécondité, Joëlle Desjardins-Simon et Sylvie Debras, novembre 2010. Albin Michel, 252 p. 16 €