Économie Les dames de la cantine parisiennes en ont ras le bol !

Manifestation des cantinières parisiennes du 22 mars à Paris. © Catherine Capdeville - EGALITE

« Elus, adjoints, assez de baratin, titularisez tous les salariés ! » Les cantinières de la mairie de Paris sont en colère, et elles voulaient le faire savoir, ce matin sur le parvis de l’Hôtel-de-ville de Paris.

Environ 250 femmes, en grande majorité des « dames de la cantine », et de très rares hommes ont répondu à l’appel de la CGT services publics parisiens.

L’ambiance est festive, chantante et dansante, mais les revendications sont très claires. Notamment la titularisation des salariées, nombreuses, en contrats précaires et des contrats en CDI pour les étrangères non européennes qui ne peuvent prétendre à la titularisation.

« Les femmes en CDD ont peur et elles en font plus que les autres. Elles font du bon travail, mais ne servent que de variables d’ajustement », explique Frédérique Laizet, secrétaire générale de la CGT aux affaires scolaires.

Antonia Fortes, 61 ans, en CDI, va bientôt partir en retraite, elle est responsable de cuisine sans en avoir le statut. Elle ne peut pas travailler sereinement dans sa cantine d’une école du 16e arrondissement : « Certaines femmes avaient des CDI de trois ans, et sont passées à des contrats de six mois. Elles ne sont pas motivées ! »

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Et Frédérique Laizet d’ajouter : « De nombreuses femmes sont employées depuis vingt ou trente ans, à temps partiel, sans aucune augmentation de salaires ! La CGT demande que soient revalorisés ces emplois que l’on considère comme féminins, puisqu’ils touchent aux enfants !  »

« On nous considère comme rien ! », témoigne Pascale Akrour, 41 ans, cantinière depuis 2000, en CDI mais toujours payée à l’heure…

Un mode de rémunération qui pose problème. Les mois où il y a des vacances scolaires, les cantinières ne touchent pratiquement rien, ce mois-ci elles vont toucher un salaire plein. « Le lissage des salaires est une autre de nos revendications, explique Frédérique Laizet. Il faut que les femmes touchent des salaires plus conséquents et équivalents tous les mois ».

Sur une pancarte, on pouvait lire : « travail exemplaire, salaire de misère ». D’après de nombreux témoignages, les temps partiels subis sont légion. Comme celui de cette femme de 62 ans qui va partir en retraite, après vingt ans à la caisse des écoles du 16e, avec une pension de 300 euros mensuels !

« Nous voulons les mêmes droits que les salarié-e-s de la Ville de Paris. Nous ne faisons pas assez d’heures », se plaint Pauline, salariée en CDI de la caisse des écoles du 11e arrondissement.

Mais comment faire pour obtenir un temps plein, alors que les emplois de cantinière sont limités à l’heure du repas de midi ? « Nous sommes embauchées par les caisses des écoles des mairies d’arrondissement. Nous voulons obtenir le statut Ville du Paris, qui nous permettrait d’avoir les mêmes avantages que les salarié-e-s de la Mairie de Paris et surtout de pouvoir récupérer des heures de ménage, par exemple, jusqu’à obtenir un temps plein », explique Bernadette Lecocq, responsable de cuisine et responsable de la délégation CGT du 4e arrondissement.

La manifestation d’aujourd’hui est pour l’instant une action ponctuelle, mais ces salariées semblent bien déterminées à surmonter un triple handicap, celui d’être femmes, d’occuper des emplois peu qualifiés et d’être, pour beaucoup, étrangères…

Catherine Capdeville – EGALITE