Chroniques Non, le patron du plus grand bordel d’Europe n’est pas un proxénète !

Le patron du plus grand bordel d’Europe implanté depuis un peu plus d’un an à La Jonquera, en Catalogne espagnole, frontière administrative entre la France et l’Espagne, n’est pas un proxénète !

Ainsi en a décidé en mars dernier le tribunal de Girona, après deux jours de débat en fin février.

Les faits, comme le dit L’Indépendant de Perpignan, remontent à 2008. Le vieil arboriculteur espagnol, c’est le look qu’il a arboré à la première journée d’audience, n’avait pas encore ouvert Le Paradise, mais « employait » des femmes dans d’autres maisons closes de la région dont il est aussi le patron. Des étrangères, et plus particulièrement des Brésiliennes.

C’est d’ailleurs par un appel du consulat du Brésil à la police de Barcelone, signalant que deux de ses ressortissantes, choquées et effrayées, affirmaient s’être échappées de maisons closes catalanes dans lesquelles elles étaient sexuellement exploitées, que l’affaire a démarré.

Le procureur avait requis douze ans de prison contre le boss et six pour ses « collaborateurs ». Le représentant du ministère public a considéré dans ses conclusions, après enquêtes, que le patron et ses acolytes contraignaient les femmes à leur verser la majeure partie de l’argent qu’elles gagnaient en se prostituant, ceci pour rembourser le prix exorbitant et grossi de leur voyage et de leur visa de tourisme, financer leur hébergement, payer une partie au club… Au total, une ardoise, qui, aux dires de l’unique femme qui a osé témoigner, représentait une « dette » impossible à éponger ! Et des conditions contractuelles qualifiées de « léonines » par la procureure : un arrangement entre deux parties !

Le non-proxénète a écopé de trois ans de prison seulement, pour « infraction à la législation sur les ressortissants étrangers », c’est à dire, selon la législation espagnole, pour avoir facilité l’entrée de femmes étrangères, qui possédaient des visas de tourisme et qui, au bout de trois mois, devenaient des travailleuses clandestines. Punto!

Selon que vous serez homme riche et puissant ou femme pauvre et dépendante, « les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».

Georgette Ximenes – EGALITE

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