Politique Vers une nouvelle ère pour les femmes ?

Pour la première fois de notre histoire politique, un président de la République a nommé un gouvernement paritaire, conformément à son engagement pendant la campagne électorale.

Lors de sa journée d’investiture, François Hollande a choisi symboliquement d’honorer deux personnes qui ont fait avancer la cause des femmes, Marie Curie et Jules Ferry.

La première parce qu’elle est une femme, étrangère, chercheuse, scientifique et deux fois lauréate du Prix Nobel.

Même si le second a été choisi pour son action en faveur de l’école laïque et obligatoire, il a aussi instauré l’égalité de salaires entre institutrices et instituteurs, ouvert l’agrégation aux femmes et créé l’école normale féminine.

Pour la première fois en France nous avons un gouvernement paritaire : 34 ministres, 17 femmes, 17 hommes. C’est un premier pas, un grand pas.

Certes, avec Christiane Taubira au ministère de la Justice, une seule femme a été nommée à un ministère régalien. Les autres ministères régaliens – ceux de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères – ont été attribués à des hommes.

Si Nicolas Sarkozy avait nommé des femmes ministres à ces postes-clés, cela ne l’a pas empêché de mener une politique régressive pour les droits des femmes au cours de son quinquennat !

Certes, les cabinets du Président et de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault sont peu féminisés, celui de François Hollande ne compte qu’une seule femme, Sylvie Hubac, pour sept hommes.

Mais ne boudons pas notre satisfaction devant l’autre avancée, forte et symbolique, que représente un ministère des Droits des femmes. La première nommée à ce poste en 1981, à l’arrivé de la gauche au pouvoir, fut Yvette Roudy, qui, au cours des cinq années qu’elle a passées au pouvoir, promulgua six lois contre les inégalités de sexes.

Et nous devrions avoir d’autres motifs de satisfaction puisque François Hollande s’est engagé à mettre en place un pôle égalité dans chaque ministère.

La jeune nouvelle ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, ancienne secrétaire nationale en charge des questions de société au parti socialiste, est également porte-parole du gouvernement. Là aussi un symbole fort.

Les femmes attendent des mesures concrètes : une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, l’application des lois sur l’égalité professionnelle et salariale, un véritable service public de la petite enfance, une sensibilisation contre le sexisme à l’école et dans les médias. Autant d’avancées, promises par le Président alors qu’il était candidat, qui devraient permettre une révolution des mentalités.

A ce propos, les journalistes ont encore des efforts à faire pour respecter le genre des ministres. La liste des délégué-e-s publiée dans Le Monde est ainsi totalement écrite au masculin. Dans la liste des membres du gouvernement présents dans l’équipe de campagne de François Hollande, Libération oublie tout simplement Marie-Arlette Carlotti, déléguée aux Personnes handicapées qui fut la responsable du pôle égalité de cette équipe et a eu le courage de s’affronter fortement à Guérini. Le Nouvel observateur, quant à lui, parle de «casting féminin» !

Dès hier, Najat Vallaud-Belkacem annonçait le vote avant l’été d’une nouvelle loi, en préparation, sur le harcèlement sexuel. Dominique Bertinotti, déléguée à la famille, parlait de « familles au pluriel », une réalité d’aujourd’hui, qui tend à remplacer la famille traditionnelle. Et Yamina Benguigui, déléguée aux Français de l’étranger disait vouloir être à l’écoute des femmes et des mères des quartiers.

Discours nouveaux, propos novateurs : une nouvelle ère commencerait-elle pour les femmes ?

EGALITE

Les femmes ministres : 

Christiane Taubira, Justice, garde des Sceaux

Marisol Touraine, Affaires sociales et Santé

Cécile Duflot, Egalité des territoires et Logement

Nicole Bricq, Ecologie, Développement durable, Energies

Aurélie Filipetti, Culture et Communication

Geneviève Fioraso, Enseignement supérieur et Recherche

Najat Vallaud-Belkacem, Droits des femmes, et porte-parole du gouvernement

Marilyse Lebranchu, Réforme de l’Etat, Décentralisation, Fonction publique

Valérie Fourneyron, Sports, jeunesse et éducation populaire, vie associative ;

George Pau-Langevin, déléguée à la Réussite éducative

Delphine Batho, déléguée à la Justice

Michèle Delaunay, déléguée aux Personnes âgées et à la Dépendance

Sylvia Pinel, déléguée à l’Artisanat, au Commerce et au Tourisme

Dominique Bertinotti, déléguée à la Famille

Marie-Arlette Carlotti, déléguée aux Personnes handicapées

Yamina Benguigui, déléguée aux Français de l’étranger et à la Francophonie

Fleur Pellerin, déléguée aux PME, à l’Innovation économique et numérique.

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