Société L’abolition de la prostitution, une chimère ?

Dans une tribune publiée sur Le nouvel Observateur hier, quelques             intellectuel-le-s remettent en question la prise de position de la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem qui s’est clairement prononcée pour l’abolition de la prostitution.

Expliquant entre autres qu’ « une femme n’est pas nécessairement victime de l’oppression masculine lorsqu’elle se livre à la prostitution, soit qu’elle s’y adonne de manière occasionnelle, soit qu’elle choisisse d’exercer à plein temps cette activité plutôt qu’une autre », les auteur-e-s de la tribune accusent les abolitionnistes de vouloir entraver la liberté de chacun-e de disposer de son corps…

Réuni-e-s à la Rochelle à l’occasion de l’Université d’été de l’Assemblée des femmes, des personnalités leur répondent dans un communiqué de presse :

«A chaque fois que ce sujet s’impose dans l’espace public et que l’opinion penche plus largement  en faveur d’une loi sanctionnant l’achat de services sexuels, le lobby des clients se met en mouvement pour défendre sa propre liberté de consommer. Des intellectuel(le)s, qui confondent libertinage dans les beaux quartiers et exploitation sexuelle, volent à leur secours pour leur donner la respectabilité qui leur fait défaut. »

Patric Jean, un des porte-parole de Zero macho et Danielle Bousquet qui a dirigé la mission d’information sur la prostitution en France participent à l’Université d’été de la Rochelle. Ils ont répondu à EGALITE.

Pour Patric Jean « les signataires sont des intellectuel-le-s qui vivent dans les beaux quartiers. Ces personnes n’ont jamais rencontré de personnes prostituées, n’ont jamais envisagé la prostitution pour leur fille ou leur sœur. Il y a chez eux la volonté de se démarquer des féministes, pour eux le porno chic est à la mode, la prostitution c’est branché. Il y a là pour moi un mépris social total. A force de prendre ce genre de prise de position qui va à l’encontre des droits des femmes, Elisabeth Badinter est devenue une icône pour le mouvement masculiniste québécois. »

« Cette tribune est un pur scandale » Danielle Bousquet est très en colère, choquée et malheureuse de lire ce genre de propos.
« Comment peut-on parler de la prostitution de cette façon-là quand on sait ce que vivent les personnes prostituées au quotidien. Elisabeth Badinter vit sur une autre planète. Elle met sa notoriété au service des clients des personnes prostituées, elle défend la liberté des hommes de consommer.
Elisabeth Badinter a forgé les prises de position de nombre de féministes, mais elle s’est éloignée depuis longtemps déjà du féminisme. Ce qui est grave c’est qu’elle a encore une image de féministe alors que pour moi elle ne l’est plus du tout. »

EGALITE

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