Articles récents \ Île de France \ Témoignages Une journée à la Maison des femmes de Saint Denis

Une journée, c’est très court pour saisir toute l’ampleur de ce qui se trame à la Maison des femmes. À peine arrivée, ce matin-là, j’ai été happée par une énergie particulière. C’est une énergie de groupe, de cohésion, de partage. La Maison c’est un grand nombre de praticien.nes qui œuvrent en harmonie avec un objectif commun, un but qui leur tient à cœur, qu’elles/ils portent au plus profond d’elles/eux-mêmes, ce qui permet à une telle énergie de voir le jour.

Cette force, renforcée par la prise en charge collective, est transmise à toutes les femmes qui se présentent en consultation.

Dans ces conditions, je ressens que la rencontre avec un.e seul.e praticien.ne apporte autant à une patiente que si elle rencontrait chacun.e d’elles/eux.

Le but commun de tou.tes ces accompagnant.es c’est : AIDER LES FEMMES. 

À leur disposition, différents moyens comme des groupes de parole, le sport, le renforcement de l’estime de soi ou encore l’écoute. Tout cela mis en œuvre avec une forte  bienveillance.

Au cours de cette journée, j’ai découvert une réalité, je pourrais dire LA réalité concernant l’excision. En accompagnant le Docteur Gahda Hatem dans un lycée à Saint Denis pour une action de prévention. Je me suis sentie désemparée face à une telle précarité, face à la fréquence de l’excision en France. Je découvrais aussi le manque d’information sur cette violence et ses lourdes conséquences tant physiques que psychiques sur les femmes. J’ai  compris l’impact et l’importance des actions de prévention, de la prise en charge chirurgicale et psychologique de ces femmes. Ce qui m’est apparu plus nécessaire encore est la nécessité d’agir auprès des jeunes filles en les informant, les soutenant et les aidant afin qu’elles puissent se libérer de ce poids et s’affirmer, se battre contre cette réalité dissimulée.

J’ai également pris conscience d’une autre réalité, ce sont les violences faites aux femmes. J’ai rencontré plusieurs femmes et j’ai compris le poids des croyances, des mœurs, de la culture, de l’éducation qui les mènent à trouver normales les violences qu’elles subissent sur le plan physique ou psychologique. À nouveau, j’ai été surprise par la fréquence de ces atteintes, par leur banalisation et surtout par le fait qu’elles peuvent toucher des êtres partout autour de nous.

Alors avec des rencontres aussi intenses, j’ai pu comprendre la démarche globale de la Maison des femmes et j’en suis admirative. Je souhaite que le combat mené au cœur de cette structure trouve toujours plus de force pour aider toujours plus de femmes et qu’un jour, son existence ne soit plus nécessaire. 

Cette journée m’aura marquée profondément et pour la résumer je donnerais quelques mots : choquant, enrichissant, époustouflant, bienveillance.

Je suis repartie de Saint Denis avec les pieds sur terre.

 

Aglaé Averland étudiante en 5 éme année de médecine

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