Articles récents \ Culture \ Livres Fatiha Agag-Boudjahlat : «Combattre le voilement»

Combattre le voilement de Fatiha Agag-Boudjahlat, paru tout récemment, est essentiel à l’heure de tous les compromis et accommodements déraisonnables avec les exigences communautaires islamiques. Le livre est préfacé par Elisabeth Badinter.

Le voilement des fillettes explique Fatiha Agag-Boudjahlat, montre bien que l’argument du «choix de se voiler» ne tient pas et que la tolérance à infliger ces traitements, qu’on sait nocifs pour le développement social, cognitif et moteur des petites filles, est inacceptable et contrevient aux droits des enfants.

Concernant «le droit» des adultes à porter le foulard islamique, il ne peut être considéré comme un signe religieux mais comme un choix politique. Pour l’autrice, le religieux doit s’opérer dans la sphère privée et ne doit pas être extériorisé en obligation vestimentaire pour les pratiquantes. En effet, si seules les femmes «vertueuses» portent le voile, cela signifie que toutes les autres sont impudiques «et méritent» d’être agressées. Ce fut le raisonnement de l’imam radical de Brest et aussi celui de Tarik Ramadan dont le désastreux exemple est emblématique de sa pensée !

«Est-il injuste ou colonialiste de condamner la pratique du port du voile, hijab ou foulard ? Quand il endommage la femme, il faut assumer de les combattre parce que le statut de pratique culturelle ne les dote ni d’impunité ni d’immuabilité.» explique FAB. Pour elle, Il n’est pas question d’interdire le voilement par une nouvelle loi mais d’éclairer la signification du voilement. Que signifie-t-il si ce n’est la soumission aux exigences communautaristes les plus rigoristes mettant en scène la hiérarchie des sexes et les codes de la société la plus patriarcale ?

Les différentes «ficelles» utilisés par les islamistes

Nous savons qu’il y a plusieurs formes de voilement. Parfois il est accepté sous la contrainte, mais dans la majorité des cas, il est accepté librement par les femmes, du moins dans notre pays. En France, les femmes sont protégées de la panoplie des discriminations souvent associées au port du voile comme le non droit à l’héritage complet, le non droit au sport, le non droit de circuler librement, les mariages précoces, la polygamie, ou même la lapidation. Tout ceci est proscrit par les lois démocratiques françaises. Cette liberté revendiquée est paradoxale puisque le droit de porter le voile est donc le droit d’accepter un système ouvertement discriminant pour les femmes et qui commence par le devoir de cacher une partie du visage.

Inutile de considérer les femmes voilées comme des victimes ou des martyres, elles ne le sont pas. Il faut tout de même mettre ces femmes en face de leur choix. Il est utile de rappeler que des femmes iraniennes sont emprisonnées tous les jours parce qu’elles refusent de porter le voile, refusant, à juste titre cette obligation et la hiérarchie des sexes qui en découle.

La position féministe universaliste qui est la seule tenable est de soutenir les Iraniennes.

Fatiha Agag-Boudjahlat ne fait pas que tirer la sonnette d’alarme concernant «cette fausse liberté» de se voiler, elle va plus loin  en dénonçant les différentes «ficelles» qu’utilisent des islamistes pour banaliser le port du voile et le rendre quasi attractif.

Pour l’acceptation du principe, on met en avant les «gentilles mamans voilées qui veulent accompagner les sorties scolaires.» Il faudrait interroger la nature des sorties qui sont des activités péri-scolaires et devraient être soumises à la neutralité de confession comme toutes les autres.

L’autrice passe en revue les décisions des comités ONUSIENS et de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et détaille les articles qui rappellent que l’orthodoxie radicale et ses pratiques, dont le port du voile, sont considérées comme un obstacle à l’égalité entre les femmes les hommes. Elle explique comment est mise en avant l’étudiante voilée, défenseuse des minorités et aussi la chanteuse enturbannée qui est tellement jolie qu’on en oublie ses déclarations contre l’Etat français sur son site internet.

Ces femmes musulmanes plus rassurantes que les barbus, sont là pour faire avancer les pions des islamistes.

Comment en est-on arrivé à iconiser le voile ?

Fatiha Agag-Boudjahlat  décrit une autre tactique qui a malheureusement fait ses preuves : le voile comme identité culturelle et prétendument instrument de résistance.

Comment en est-on arrivé à iconiser le voile ? Cela a commencé avec l’affiche de street art de l’américain Shepard Fairey où sur un triptyque représentant trois femmes, une Latino-Américaine, une Afro-Américaine, la troisième en hijab, représente donc toutes les femmes arabes.

Cette représentation identitaire est une stratégie d’entrisme politique utilisée plus tard et plusieurs fois en France. Par exemple, le 24 novembre 2018, lors de la manifestation contre les violences faites aux femmes, des activistes voilées ont mis en accusation et bousculé les féministes blanches qui ne souhaitaient pas les laisser prendre la tête du cortège. Leurs revendications identitaires devaient surpasser toutes les autres. Elles scandaient : «le féminisme sera intersectionnel ou ne le sera pas !» Les femmes sont donc invitées à revendiquer pour leur groupe et non pour leurs droits.

Enfin, elle montre comment la mode à l’intérieur du système néo-libéral qui ne s’embarrasse pas de considérations éthiques, se jette sur le marché du voile : siglé Hermès ou noir corbeau il signifie toujours le devoir de cacher une partie de son visage à l’autre moitié de l’humanité qui ne serait pas capable de retenir ses pulsions, à moins que ce visage et ces cheveux soient impurs ?

Le voilement, quel qu’il soit, «signe un consentement construit, contraint ou consenti à un ordre patriarcal.»

Pas à pas, les islamistes font avancer leur pions à travers les femmes et font apparaître comme normale une pratique qui, si elle était accompagnée des discriminations de leur pays d’origine, créerait peut être une vraie réaction ? Que « tout.es les idiot.es utiles des pays occidentaux» y réfléchissent à deux fois avant de se soumettre !

«La banalisation du voile fait partie d’une stratégie globale des islamistes qui ne cesse de croître.»

La brillante démonstration de Fatiha d’Agag-Boudjahlat passe au peigne fin tous les mécanismes consistant à banaliser le voile. Il est d’une rigoureuse logique intellectuelle.

50-50 magazine

Fatiha Agag-Boudjahlat Combattre le voilement. Préface d’Elisabeth Badinter  Ed. du Cerf 2019

 

 

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