Articles récents \ Île de France \ Sport Paris Sportives 2022 : À la conquête de l’espace public

Femmes jouant au foot

« Paris Sportives » est de retour pour une nouvelle édition ! En 2020 la ville de Paris avait lancé un appel à projets. Objectif : que les femmes se réapproprient les installations sportives dans l’espace public. L’urbanisme reflète la place que les femmes ont dans la société. Pour la transition féministe de la ville de Paris il est nécessaire que les femmes se sentent légitimes à accéder aux installations sportives.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 offrent l’opportunité de promouvoir le sport féminin et de redonner l’envie aux femmes éloignées du sport d’en refaire. L’insécurité et les violences dans les espaces publics les en dissuadent et les poussent à rester chez elles. Il faut déconstruire l’idée que les espaces publics sont naturellement monopolisés par les hommes. Cet actuel état des choses peut et doit être changé pour la ville de Paris. Les femmes, 53% des habitant·es de Paris, doivent elles aussi pouvoir jouir des installations publiques. Cela doit s’accompagner de mesures pour montrer que de jour ou de nuit les femmes ont leur place dans l’espace public. Les avancées réalisées en 2021 grâce au dispositif « Paris Sportives 2020 » ont été telles que la ville a décidé de renouveler ce programme en doublant les subventions. Les 14 lauréats ne gagneront plus 100 000€ mais 200 000€.

Le 12 juillet 2021 une conférence bilan a réaffirmé les raisons d’une telle opération. Chez les filles, la pratique du sport diminue avec le temps. En moyenne, seulement 54% des femmes de 17 à 24 ans font du sport contre 77% chez les hommes, et cette tendance empire au fil des ans. Les “city stades” sont monopolisés par les hommes et les femmes en sont exclues. La ville de Paris souhaite encourager la mixité au sein de ces installations mais elle sait qu’elle doit pour cela passer par des associations de quartier. C’est pourquoi elle subventionne ces associations qui permettent aux femmes d’accéder à ces espaces sportifs.

Trois axes : Santé, Inclusion, Éducation

Cette initiative s’articule autour de trois axes majeurs : la santé, l’inclusion et l’éducation. Le sport plus qu’un hobby est un vecteur de santé et de bien-être, d’où l’importance de le généraliser à l’ensemble de la population. Ensuite, le sport est aussi un domaine privilégié dans lequel il est possible de nouer des relations sociales. Le partage des terrains en accès libre (TEP) permet aux femmes de se retrouver pour pratiquer une discipline sportive au sein d’espaces sécurisés. Cela leur redonnerait envie de pratiquer une discipline sportive et favoriserait une plus grande mixité au sein du quartier. A terme ces projets visent à faire se rencontrer sur le terrain filles et garçons pour montrer que le sport n’est pas réservé aux hommes. Le troisième axe est l’éducation et la citoyenneté. La ville de Paris est convaincue que le sport est porteur de valeurs fortes telles que la solidarité, le respect et le dépassement de soi. Il est donc important de le promouvoir et ce, dès le plus jeune âge. Dès 11 ans on remarque que les petites filles s’en désintéressent. Il faut agir à partir de là pour les encourager à continuer pendant l’adolescence et dans leur vie adulte.

Les Jeux Olympiques et Paralympiques ont eu un effet accélérateur sur ces projets. Les cours d’école ont été adaptés avec des espaces de jeux diversifiés et mixtes. Les temps d’animations sportives et culturelles ont été multipliés pour inciter et habituer les femmes à utiliser les TEP. Enfin, les outils de protection des femmes ont été accrus pour lever le frein à la pratique sportive féminine.

Au total, Paris Sportives 2020 a sélectionné 14 projets qui proposent chacun une, voire quatre, séances sportives hebdomadaires. En moyenne, chaque séance accueille 20 à 40 femmes, pour la plupart nouvellement inscrites à un club de sport.

Célia Rabot 50-50 Magazine

Photo de Une © Jeffrey F Lin.

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