Articles récents \ Île de France \ Société Rêv’Elles: l’engagement d’une rôle modèle auprès des jeunes défavorisées

REVEL

Emilie Martinand travaille au ministère des Finances depuis 2015. Engagée dans l’écologie, la justice et le juridique, elle est en 2019 devenue rôle modèle pour l’association Rêv’elles. Rêv’elles réalise des programmes pour redonner confiance en elles à des jeunes filles de 14-18 ans. Aux ateliers d’éloquence se mixent des rencontres avec des rôles modèles. Des femmes aux parcours variés viennent proposer à ces jeunes filles d’autres avenirs que ceux qui leur sont imposés puisque venant d’un milieu défavorisé. 

En 2019, l’association La cordée – les ancien·nes étudiant·es de la CP’Ena contacte Emilie Martinand en tant qu’ancienne élève de l’institut régional administratif (IRA). Les membres lui expliquent ce qu’est Rêv’elles et leurs actions et tout de suite, elle est emballée par l’initiative. Les écoles d’administration, et les hautes sphères en général, sont toujours très peu accessibles pour celles et ceux venant de milieu défavorisé. Elle souhaitait pouvoir combattre cela en coachant des jeunes filles, pour qu’elles puissent elles-aussi avoir les mêmes chances que les enfants des quartiers huppés. De plus, être rôle modèle n’est pas très chronophage. En effet, en plus de son travail très prenant, Emilie Martinand est mère de deux enfants. Le temps est donc une condition primordiale pour elle. Or, l’investissement que représente Rêv’elles n’est que de 3 jours minimum par année pour les rôles modèles.

Bien qu’elle n’est là que depuis 2019, cette rôle modèle a déjà participé à deux types de rôle : le coaching et la phase de recrutement. Le tout premier s’effectue en fin de parcours. Les jeunes filles ont suivi le programme Rêv’elles et, avec l’aide qu’elles ont reçu, elles font un pitch de leur projet professionnel aux rôles modèles. Ces 5 minutes permettent d’apprécier les progrès qu’ont réalisés ces jeunes filles au cours du programme. Elles doivent faire preuve d’éloquence tout en restant concises, claires et en ayant un projet correctement structuré. Les rôles modèles vont alors faire des retours, autant sur la forme que sur le fond. Mais surtout, elles vont partager leurs parcours de vie, souvent atypiques. L’objectif est de montrer aux jeunes filles que des échecs sont possibles, et même probables, mais qu’il ne faut pas s’arrêter là et qu’une reconversion est toujours possible. Terminer le programme en montrant qu’il y a bien plus de voies possibles qu’elles ne le pensent, et qu’avant de sélectionner la bonne elles ont largement le droit de se tromper.

Le deuxième rôle est celui de la phase de recrutement, quelles filles vont participer au programme ? En réalité, ce rôle est loin d’être une responsabilité puisque quasiment toutes les filles qui s’inscrivent sont prises. Le réel but est de vérifier les motivations de chaque fille. De connaître leur première impression de l’association, comment elles l’ont découverte, ce qu’elles en pensent etc. Bien souvent les jeunes filles sont hésitantes et peu sûres d’elles, un contraste bluffant par rapport à leur pitch final.

En plus de les aider à prendre confiance en elles, le programme Rêv’elles apporte une chose essentielle à ces jeunes filles : un réseau. En effet, les rôles modèles ne participent que très peu à leur formation, mais les jeunes filles ont la possibilité de demander le contact de chaque rôle modèle. Entre milieu favorisé et défavorisé la différence ne se fait pas tant au niveau des compétences, mais au niveau du carnet d’adresse. Connaître la bonne personne chez qui faire un stage ou avec qui avoir une entrevue est aussi important que d’avoir été dans une grande école. Récemment, une des jeunes filles a contacté Emilie Martinand pour en savoir plus sur son métier, demander des conseils etc. Après un échange d’une heure au téléphone elle a pu la mettre en relation avec une personne qui pourrait l’aider pour son projet professionnel. Plus que de simples guides, les rôles modèles de Rêv’elles sont de véritables piliers sur lesquels les jeunes filles peuvent s’appuyer.

Emilie Martinand continuera d’être rôle modèle tant qu’elle le pourra. Rêv’elles est une bulle de bienveillance qui lui donne envie de s’investir encore et toujours plus pour le futur de ces jeunes filles. Même si le temps lui manque elle veut apporter sa pierre à l’édifice. Il est temps que tous les enfants aient les mêmes chances.

Pour les jeunes filles qui seraient intéressées par ce programme, vous pouvez encore vous inscrire pour participer à la session de février. Pour cela rien de plus simple, il vous suffit de vous rendre sur leur site et d’aller dans la rubrique « Participer ».

Célia Rabot 50-50 Magazine

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