Articles récents \ Monde \ Vidéos 50/50 Najat Vallaud-Belkacem : «la pauvreté est sexiste !»

Najat Vallaud-Belkacem fut ministre des Droits des Femmes de 2012 à 2014. Aujourd’hui elle est directrice pour la France de l’ONG ONE, une ONG co-fondée par le chanteur Bono, qui lutte contre l’extrême pauvreté et les maladies évitables. Pour Najat Vallaud-Belkacem, la pauvreté touche majoritairement les femmes de tous les continents, la pauvreté est sexiste !

L’ancienne ministre donne quelques exemples de la précarité des femmes. Ainsi, elles ne possèdent que 3% des terres agricoles alors qu’elles sont très nombreuses à travailler la terre. De plus, la crise du COVID a fortement impacté le travail des femmes, par exemple aux Etats-Unis ce sont essentiellement elles qui se sont retirées du marché du travail.

Les politiques publiques doivent agir afin que les inégalités entre les femmes et les hommes ne se perpétuent pas.

Le Forum Génération Égalité qui s’est déroulé Paris du 30 juin au 2 juillet 2021 a lancé des actions concrètes visant à réaliser des progrès d’égalité entre les femmes et les hommes.  Najat Vallaud-Belkacem regrette la faible couverture médiatique de ce projet ambitieux qui a mené à la création d’un fond de 40 milliards de dollars pour les pays en développement sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes.

« Pour One, si une solution existe à un problème, il n’est pas possible de ne rien faire. C’est pourquoi, sans être une ONG de terrain, nous agissons par le plaidoyer auprès des Etats les plus riches pour qu’ils décident de politiques publiques d’aide au développement. Nous avons ainsi créé un Fond global de lutte contre les maladies évitables qui rapporte aujourd’hui, tous les trois ans, 15 milliards de dollars, c’est énorme ! Nous l’avons ensuite complété par le Fond mondial pour l’éducation, et les considérons comme nos deux réussites. Notre action est donc d’informer et de faire ensuite pression pour que les pays riches se sentent concernés et agissent contre la pauvreté. Mais ça ne suffisait pas. Il a fallu y ajouter la lutte contre la corruption ou l’évasion fiscale qui sont les dysfonctionnements favorisant la pauvreté. N’oublions pas que celle-ci n’est pas une fatalité, on peut y remédier !

Enfin, nous défendons la nécessité de toujours prendre en compte les filles et les femmes dans les projets qui sont soutenus : quelle répercussion ceux-ci auront-ils sur la vie des femmes au quotidien ? Il faut qu’ils leur apportent à la fois l’autonomie financière, l’aide à l’entreprenariat, mais aussi l’accès à la santé sexuelle et reproductive. C’est ce qu’une diplomatie féministe devrait soutenir, et non seulement au travers d’une influence culturelle, telle qu’elle est trop souvent conçue aujourd’hui… »

Propos recueillis par Caroline Flepp 50-50 Magazine

Vidéo Rafaël Flepp 50-50 Magazine

Article déjà publié le 13 avril 2022

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