Chroniques Enfin des prostituées au petit-déjeuner !

Lu samedi 24 juin en page 2 de L’Indépendant catalan : « Bordel de La Jonquera : ouvert le matin. Les maisons closes espagnoles ouvrent désormais en matinée pour répondre à la demande. »

Il y avait déjà les ouvertures des supermarchés, le dimanche « pour répondre à la demande ». Sur le même modèle commercial et dans la même logique économique, il y a maintenant des corps de femmes mis en rayon et offerts à la consommation tels des boîtes de petits pois, à La Jonquera, ville frontière entre la France et l’Espagne.

Nuit, fin d’après midi, début d’après-midi, et maintenant matinée, on n’arrête plus la caisse enregistreuse. Entre deux cartouches de cigarettes et trois bouteilles de pastis, les hommes pourront « mettre dans leur caddy » une Roumaine, une Sénégalaise, une Ukrainienne : c’est beau les voyages !

Les affaires vont vite dans le monde de l’argent. Il n’y a pas si longtemps, l’innovation, c’était les fins d’après midi.

Elles en disent quoi les boites de petits pois ? Rien, parce que justement ce sont des boites, des objets. Mais les femmes qui vont être consommées comme des denrées, elles se reposent quand ?

Ici, dans cette jungle d’espaces commerciaux entre la France et l’Espagne, va ouvrir dans quelques jours le plus grand bordel d’Europe. Son nom ? TerrazaVIP. Tout un programme – juteux – : restaurant, solarium, champagne, jacuzzi, etc. Que des bonnes choses, on vous dit ! Mais pas pour les boites de petits pois.

C’est « tragiquement logique », constate le responsable du Nid, une association d’aide aux prostituées de Montpellier, interrogé par le journal : « Le sexe low cost débarque. En Allemagne, des eros centers proposent une fille achetée, une fille gratuite ! » A ce niveau, ce n’est plus de l’exploitation, c’est tout horriblement la négation de la dimension humaine de celles qui subissent ces traitements. Sans doute, aiment-elles ça, sans doute l’ont-elles bien cherché.

L’éducation sexuelle des jeunes adultes de la région se fait dans ce genre d’endroits, dans ces conditions, dans la consommation des corps, dans un rapport de sujet à objet, de celui qui paie à celle qui est niée. Et pour ces jeunes hommes, c’est le rapport à l’autre sexe qui se construit ainsi !

Georgette Ximenes – EGALITE